Classe pharmacothérapeutique : ANTIDIARRHEIQUE ANTISECRETOIRE INTESTINAL.
Code ATC: A07XA04. (A: appareil digestif et métabolisme).
Le racécadotril est une prodrogue qui doit être hydrolysée en son métabolite actif, le thiorphan, qui est un inhibiteur de l'enképhalinase, enzyme de la membrane cellulaire, présente dans différents tissus, dont l'épithélium intestinal.
Cette enzyme contribue à l'hydrolyse de peptides exogènes et endogènes, telles que les enképhalines.
Le racécadotril protège ainsi les enképhalines de la dégradation enzymatique, prolongeant leur action au niveau des synapses enképhalinergiques de l'intestin grêle, réduisant l'hypersécrétion.
Le racécadotril est un antisécrétoire intestinal pur. Il diminue l'hypersécrétion intestinale d'eau et d'électrolytes induite par la toxine cholérique ou l'inflammation, sans avoir d'effet sur la sécrétion basale. Il exerce une activité antidiarrhéique, sans modification de la durée du transit intestinal.
Dans deux études cliniques effectuées chez l'enfant avec les présentations en sachets, le racécadotril réduit de 40% et 46%, respectivement, le poids de selles dans les premières 48 heures.
Une réduction significative de la durée de la diarrhée et du besoin de réhydratation a également été observée.
Une méta-analyse fondée sur les données individuelles (9 essais cliniques randomisés avec les sachets, racécadotril versus placebo, en plus de la solution de réhydratation orale) a recueilli les données individuelles des 1384 garçons et filles souffrant de diarrhée aiguë de sévérité variée, traités en ambulatoire ou en hospitalisation.
L'âge moyen était de 12 mois (intervalle interquartile: 6 à 39 mois).
Un total de 714 patients avait moins de 1 an et 670 patients avaient plus de 1 an. Le poids moyen variait de 7,4 kg à 12,2 kg selon les études. La durée globale moyenne de la diarrhée après l'inclusion était de 2,81 jours dans le groupe placebo et de 1,75 jour pour racécadotril.
Le pourcentage de patients guéris était plus élevé dans les groupes traités par le racécadotril comparativement au placebo [Rapport de risque (HR) : 2,04 ; IC 95% : 1,85 à 2,32 ; p < 0,001; régression des hasards proportionnels de Cox]. Les résultats étaient très semblables pour les nourrissons (< 1 an) (HR : 2,01, IC 95% : 1,71 à 2,36, p < 0,001) et les jeunes enfants (> 1 an) (HR : 2,16, IC 95 % : 1,83 à 2,57, p < 0,001). Pour les essais sur les patients hospitalisés (n = 637), le ratio moyen des selles entre racécadotril et placebo était de 0,59 (IC 95% : 0,51 à 0,74), p < 0,001).
Pour les essais sur patients traités en ambulatoire (n = 695), le ratio moyen de selles avec diarrhée entre racécadotril et placebo était de 0,63 (IC 95% : 0,47 à 0,85, p < 0,001).
Le racécadotril ne provoque pas de ballonnement abdominal. Au cours des essais cliniques, le racécadotril a induit une constipation secondaire selon la même fréquence que le placebo.
Par voie orale, l'activité du racécadotril reste périphérique sans effet sur le système nerveux central.
Une étude clinique randomisée, croisée, a montré que le racécadotril 100 mg à la dose thérapeutique (1 gélule) ou à une dose supérieure (4 gélules) n'induit pas de prolongation du QT/QTc chez 56 adultes volontaires sains (contrairement à l'effet observé avec la moxifloxacine, utilisée comme contrôle positif).