Ceftriaxone
Classe pharmacothérapeutique : antibactérien à usage systémique, céphalosporines de troisième génération, code ATC : J01DD04.
Mécanisme d’action
La ceftriaxone inhibe la synthèse de la paroi cellulaire bactérienne après fixation aux protéines de liaison de la pénicilline (PLP), ce qui entraîne l’arrêt de la biosynthèse (du peptidoglycane) de la paroi cellulaire, et conduit à la lyse et la mort de la cellule bactérienne.
Résistance
La résistance bactérienne à la ceftriaxone peut être due à un ou plusieurs des mécanismes suivants :
- hydrolyse par les bêta-lactamases, incluant les bêta-lactamases à spectre étendu (BLSE), les carbapénémases et les enzymes Amp C, qui peuvent être induites ou dé-réprimées de manière stable chez certaines espèces bactériennes aérobies à Gram négatif ;
- diminution de l’affinité de la protéine de liaison de la pénicilline pour la ceftriaxone ;
- imperméabilité de la membrane externe des organismes à Gram négatif ;
- pompes à efflux bactériennes.
Concentrations critiques
Les valeurs critiques des concentrations minimales inhibitrices (CMI) établies par l’European Committee on Antimicrobial Susceptibility Testing (EUCAST) sont les suivantes :
| Agent pathogène | Test de dilution (CMI, mg/L) |
| --- | --- | --- |
| Sensible | Résistant |
| Enterobacteriaceae | ≤ 1 | > 2 |
| Staphylococcus spp. | a. | a. |
| Streptococcus spp. (Groupes A, B, C et G) | b. | b. |
| Streptococcus pneumoniae | ≤ 0,5c. | > 2 |
| Streptocoques du groupe Viridans | ≤ 0,5 | > 0,5 |
| Haemophilus influenzae | ≤ 0,12c. | > 0,12 |
| Moraxella catarrhalis | ≤ 1 | > 2 |
| Neisseria gonorrhoeae | ≤ 0,12 | > 0,12 |
| Neisseria meningitidis | ≤ 0,12c. | > 0,12 |
| Concentrations critiques non liées à l’espèce | ≤ 1d. | > 2 |
a. Sensibilité déduite de la sensibilité à la céfoxitine.
b. Sensibilité déduite de la sensibilité à la pénicilline.
c. Les isolats présentant une CMI de ceftriaxone supérieure à la concentration critique sont rares et, s’ils sont détectés, doivent être re-testés ; s’ils sont confirmés, ils doivent être envoyés à un laboratoire de référence.
d. Les valeurs critiques sont applicables pour une dose quotidienne intraveineuse de 1 g x 1 et pour une dose élevée d’au moins 2 g x 1.
Efficacité clinique vis-à-vis de bactéries pathogènes spécifiques
La prévalence de la résistance acquise peut varier en fonction de la région géographique et du temps pour certaines espèces ; il est donc utile de disposer d’informations sur la résistance locale, surtout pour le traitement d’infections sévères. Si nécessaire, il est souhaitable d’obtenir un avis spécialisé principalement lorsque l’intérêt de la ceftriaxone dans certaines infections peut être mis en cause du fait du niveau de prévalence de la résistance locale.
| Espèces habituellement sensibles |
|---|
| Aérobies à Gram positif Staphylococcus aureus (sensible à la méticilline)≤ Staphylocoques à coagulase négative (sensibles à la méticilline)≤ Streptococcus pyogenes (groupe A) Streptococcus agalactiae (groupe B) Streptococcus pneumoniae Streptocoques du groupe Viridans Aérobies à Gram négatif Borrelia burgdorferi Haemophilus influenzae Haemophilus parainfluenzae Moraxella catarrhalis Neisseria gonorrhoeae Neisseria meningitidis Proteus mirabilis Providencia spp Treponema pallidum |
| Espèces inconstamment sensibles (résistance acquise ≥ 10%) |
| Aérobies à Gram positif Staphylococcus epidermidis+ Staphylococcus haemolyticus+ Staphylococcus hominis+ Aérobies à Gram négatif Citrobacter freundii Enterobacter aerogenes Enterobacter cloacae Escherichia coli% Klebsiella pneumoniae% Klebsiella oxytoca% Morganella morganii Proteus vulgaris Serratia marcescens Anaérobies Bacteroides spp. Fusobacterium spp. Peptostreptococcus spp. Clostridium perfringens |
| Espèces naturellement résistantes |
| Aérobies à Gram positif Enterococcus spp Listeria monocytogenes Aérobies à Gram négatif Acinetobacter baumannii Pseudomonas aeruginosa Stenotrophomonas maltophilia Anaérobies Clostridium difficile Autres Chlamydia spp. Chlamydophila spp. Mycoplasma spp. Legionella spp. Ureaplasma urealyticum |
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≤ Tous les staphylocoques résistants à la méticilline sont aussi résistants à la ceftriaxone.
+ Taux de résistance > 50 % dans au moins une région.
% Les souches productrices de BLSE sont toujours résistantes.
Lidocaïne
La lidocaïne (contenue dans le solvant pour injection IM) est un anesthésique local de type amide. Elle est utilisée pour fournir une anesthésie locale et par blocs nerveux par l’intermédiaire d’un mécanisme de blocage du canal sodium dépendant. Elle possède un début d’action rapide (environ 15 minutes suite à l’injection intramusculaire). Les effets durent environ de 60 à 90 minutes après injection intramusculaire.
Dans une étude clinique, il a été montré que le solvant lidocaïne à 1 % a réduit la douleur (diminution d’un facteur > 6 du score d’évaluation de la douleur 15 min après l’injection, p < 0,01) après administration intramusculaire de ceftriaxone.