Classe pharmacothérapeutique : Médicaments pour le traitement des désordres osseux, Bisphosphonates en association, code ATC : M05BB03.
ACIDE ALENDRONIQUE/CHOLECALCIFEROL (VITAMINE D3) EG est un comprimé combiné contenant les deux substances actives alendronate sodique trihydraté et cholécalciférol (vitamine D3).
Mécanisme d’action
Alendronate
L’alendronate sodique est un bisphosphonate qui inhibe la résorption osseuse par les ostéoclastes sans effet direct sur la formation de l'os. Les études précliniques ont montré une localisation préférentielle de l’alendronate aux sites actifs de résorption. L’activité des ostéoclastes est inhibée, mais ni leur recrutement ni leur fixation ne sont affectés. Pendant le traitement par l'alendronate, la qualité de l’os formé est normale.
Cholécalciférol (vitamine D3)
La vitamine D3 est produite par la peau par transformation du 7-déhydrocholestérol en vitamine D3 sous l’action de la lumière ultraviolette. En l’absence d’exposition suffisante à la lumière du soleil, la vitamine D3 est un nutriment alimentaire indispensable.
La vitamine D3 est transformée en 25-hydroxyvitamine D3 dans le foie, et y est conservée jusqu’à utilisation. La transformation dans le rein en hormone active de mobilisation du calcium, la 1,25-dihydroxyvitamine D3 (calcitriol) est étroitement régulée. L’action principale de la 1,25-dihydroxyvitamine D3 est d’accroître l’absorption intestinale du calcium et du phosphate ainsi que d’équilibrer le bilan phospho-calcique, la formation et la résorption osseuse.
La vitamine D3 est nécessaire à la formation normale de l’os. L’insuffisance en vitamine D apparaît quand l’exposition solaire et l’apport alimentaire sont tous les deux insuffisants. L’insuffisance est associée à une balance calcique négative, une perte osseuse et un risque accru de fracture osseuse. Dans les cas sévères, le déficit entraîne un hyperparathyroïdisme secondaire, une hypophosphatémie, une faiblesse musculaire proximale et une ostéomalacie, un risque accru de chutes et de fractures chez les individus ostéoporotiques. Un apport supplémentaire en vitamine D réduit ces risques et leurs conséquences.
L’ostéoporose est définie par une densité minérale osseuse (DMO) au rachis ou au col du fémur à 2,5 écarts types en dessous de la valeur moyenne d’une population normale jeune ou par un antécédent de fracture de fragilité osseuse, indépendamment de la DMO.
Efficacité et sécurité clinique
Études acide alendronique/cholécalciférol
L'effet du dosage le plus faible d’acide alendronique/cholécalciférol (70 mg d'alendronate/2 800 UI de vitamine D3) avec l'ajout de 2 800 UI de vitamine D3, soit un total de 5 600 UI (quantité de vitamine D3 dans le dosage le plus fort d’ACIDE ALENDRONIQUE/CHOLECALCIFEROL (VITAMINE D3)) EG une fois par semaine a été démontré lors d'une extension d'étude de 24 semaines, chez 619 femmes ayant une ostéoporose post-ménopausique. Les patientes du groupe 2 800 UI de vitamine D3 ont reçu acide alendronique/cholécalciférol (70 mg/2 800 UI) (n = 299) et les patientes du groupe 5 600 UI de vitamine D3 ont reçu acide alendronique/cholécalciférol (70 mg/2 800 UI) avec l'ajout de 2 800 UI de vitamine D3 (n = 309) une fois par semaine ; des apports complémentaires en vitamine D étaient permis. Après 24 semaines de traitement, les taux moyens sériques de 25-hydroxyvitamine D étaient significativement plus élevés dans le groupe 5 600 UI de vitamine D3 (69 nmol/l [27,6 ng/ml]) que dans le groupe 2 800 UI de vitamine D3 (64 nmol/l [25,5 ng/ml]). Le pourcentage de patientes présentant une insuffisance en vitamine D était de 5,4 % dans le groupe 2 800 UI de vitamine D3 versus 3,2 % dans le groupe 5 600 UI de vitamine D3 pendant l'extension d'étude de 24 semaines. Le pourcentage de patientes présentant un déficit en vitamine D était de 0,3 % dans le groupe 2 800 UI de vitamine D3 versus zéro dans le groupe 5 600 UI de vitamine D3. Il n’y avait pas de différence entre les valeurs moyennes de la calcémie, de la phosphatémie ou de la calciurie des 24 heures entre les groupes de traitement. Le pourcentage de patientes avec une hypercalciurie à la fin de la période d’extension de 24 semaines n'était pas statistiquement différent entre les groupes de traitement.
Études alendronate
L’équivalence thérapeutique de l’alendronate 70 mg une fois par semaine (n = 519) et de l’alendronate 10 mg/jour (n = 370) a été démontrée dans une étude multicentrique d’une durée de 1 an chez des femmes ménopausées ayant une ostéoporose. Les augmentations moyennes de la DMO au niveau du rachis lombaire à 1 an, par rapport aux valeurs initiales ont été de 5,1 % (IC à 95 % : 4,8 %-5,4 %) dans le groupe alendronate 70 mg une fois par semaine et de 5,4 % (IC à 95 % : 5,0 %-5,8 %) dans le groupe alendronate 10 mg/jour. Les augmentations moyennes de la DMO dans le groupe traité par 70 mg une fois par semaine et dans le groupe traité par 10 mg une fois par jour, ont été respectivement de 2,3 % et de 2,9 % au niveau du col du fémur et de 2,9 % et 3,1 % au niveau de la hanche (col du fémur et trochanter). Les deux groupes de traitement étaient également similaires quant à l’augmentation de la DMO aux autres sites du squelette.
Les effets de l’alendronate sur la masse osseuse et sur l’incidence des fractures chez la femme ménopausée ont été analysés au cours de deux études d’efficacité initiales, selon un protocole identique (n = 994) ainsi que dans l’étude FIT ( Fracture Intervention Trial) (n = 6 459).
Dans les études d’efficacité initiales, l’alendronate à la dose de 10 mg par jour a entraîné des augmentations moyennes de la DMO au niveau du rachis, du col du fémur, et du trochanter, respectivement de 8,8 %, 5,9 %, et 7,8 % à 3 ans, par rapport au placebo. La DMO du corps entier a également augmenté de façon significative. Il y a eu une réduction de 48 % du taux de patientes présentant une ou plusieurs fractures vertébrales dans le groupe traité par l’alendronate par rapport au groupe placebo (