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Posologie officielle

Methadone AP-HP 5 mg/3 — posologie et mode d'emploi

Substance active : Chlorhydrate de méthadone. sirop — voie orale.

Indications thérapeutiques

Traitement substitutif des pharmacodépendances majeures aux opioïdes dans le cadre d'une prise en charge médicale, sociale et psychologique. Le traitement est réservé aux adultes et adolescents de plus de 15 ans. Un patient est considéré stabilisé si le suivi de la prise en charge de son addiction est régulier, sans usage récréatif récent de substances psychoactives, avec des dosages urinaires négatifs aux opioïdes, une capacité de gestion autonome de son traitement, un rétablissement de l’équilibre de sa vie personnelle et sociale.

Posologie et mode d'administration

Posologie ·Mise en place du traitement :la première dose quotidienne est habituellement de 20 à 40 mg selon le niveau de dépendance physique, l’évaluation clinique et l’historique du patient et doit être administrée au moins dix heures après la dernière prise d'opioïdes. ·Adaptation posologique :la posologie est adaptée progressivement jusqu'à 40 à 60 mg en une à deux semaines, par fraction de 5 à 10 mg tous les 3 à 5 jours, compte-tenu de la demi-vie de la méthadone, en fonction de la réponse clinique pour prévenir les signes de sevrage ou un possible surdosage. ·Dose d'entretien : elle est obtenue par augmentation de 10 mg par semaine et se situe habituellement entre 60 et 100 mg/jour. Des doses supérieures peuvent être nécessaires. Les modifications de posologies sont alors déterminées après réévaluation clinique et des prises en charge associées. Mode d’administration ·Le traitement est administré en une prise unique quotidienne (voir rubrique Conditions de prescription et de dispensation). ·Ne pas conserver de flacon unidose ouvert ou à demi consommé. Le flacon est équipé d’un bouchon sécurité. En raison du risque mortel, en cas d’ingestion accidentelle, notamment par un enfant ou une personne naïve ou peu dépendante, les patients doivent être avertis de mettre les flacons en sûreté, de ne jamais ouvrir les flacons à l’avance, de les tenir hors de portée des enfants et de ne pas prendre ce médicament devant des enfants. Un service d’urgence doit être contacté immédiatement en cas d’ingestion accidentelle ou de suspicion d’ingestion (voir rubriques 4.4 et 4.8). Il est recommandé de co-prescrire systématiquement la naloxone lors de l’instauration ou du renouvellement du traitement par méthadone. En effet, les patients peuvent être exposés à un risque de surdosage d'opioïdes lors de l'instauration ou de la titration de la méthadone (voir rubrique 4.4). Modalités d’arrêt progressif du traitement ·L'arrêt du traitement de substitution doit se faire par diminution progressive de la posologie de 5 à 10 mg, par paliers espacés d’au moins une semaine. Une prudence particulière est indispensable pendant toute cette période. Le suivi du patient sera rapproché afin de détecter, d’une part tout symptôme clinique évoquant un syndrome de sevrage pour lequel un retour immédiat au palier précédent est nécessaire, et d’autre part, toute reprise des conduites addictives qui expose le patient à un risque de surdosage aux opioïdes. ·En cas d’arrêt puis de reprise du traitement, les mêmes précautions que lors de la mise en place initiale du traitement et de l’augmentation progressive des doses doivent être prises en raison de la diminution de la tolérance. CONDITIONS DE PRESCRIPTION ET DE DELIVRANCE DE LA METHADONE Le traitement est réservé aux adultes et adolescents de plus de 15 ans volontaires pour accepter les règles du traitement. Les conditions de prescription et de délivrance du sirop de méthadone sont les suivantes : 1) Stupéfiant : prescription sur ordonnance sécurisée. Durée maximale de prescription limitée à 14 jours. Délivrance fractionnée par périodes de 7 jours maximum. Le prescripteur peut préciser sur l’ordonnance la durée de chaque fraction, ou exclure le fractionnement en portant sur l’ordonnance la mention « délivrance en une seule fois », ou préciser que la dispensation doit se faire quotidiennement. Dans le cadre d’une prise en charge en ambulatoire, la délivrance est effectuée par une pharmacie de ville ou par un CSAPA. Le nom du pharmacien choisi par le patient doit être mentionné sur l’ordonnance. Dans le cadre d’une prise en charge en établissement de santé, pour les patients hospitalisés, ou dans le cadre d’une prise en charge en établissement pénitentiaire, le traitement est délivré quotidiennement sous contrôle médical ou infirmier. 2) Médicament soumis à une prescription initiale réservée aux médecins exerçant en centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) ou aux médecins hospitaliers à l’occasion d’une hospitalisation, d’une consultation ou en milieu pénitentiaire. Renouvellement non restreint. Médicament nécessitant une surveillance particulière pendant le traitement. _Instauration du traitement :_ Les patients sont volontaires et doivent accepter les règles de la prise en charge : ·Etre suivi régulièrement au sein de l’établissement de santé ou au sein du CSAPA, ·Réalisation d’analyses urinaires à l’instauration du traitement. Celle-ci vérifiera la réalité d’une consommation récente d’opioïdes et l’absence de prise de méthadone comportant un traceur spécifique et faisant l’objet de la présente autorisation de mise sur le marché. Ce contrôle urinaire permet de s’assurer qu’un même patient ne bénéficie pas de deux suivis avec prescription de méthadone. _Suivi du traitement :_ Des analyses urinaires ultérieures peuvent être effectuées au cas par cas pour vérifier le respect du protocole par le sujet et mesurer l’efficacité du traitement sur la prise d’opioïdes illicites ou d’autres stupéfiants. Les analyses portent sur : la méthadone, les opioïdes naturels et/ou de synthèse, la cocaïne, l’amphétamine, les dérivés amphétaminiques, le cannabis, le LSD, ainsi que sur l’alcool. La recherche et le dosage des produits listés ne sont pas systématiques mais sont effectués sur demande du prescripteur. _Relais_ Lors d’une prise en charge en CSAPA, le médecin de centre déterminera, en collaboration avec l’équipe de soins, l’opportunité de l’orientation du patient vers un médecin traitant pour la poursuite du traitement. Lors d’une prise en charge initiale en établissement de santé ou en établissement pénitentiaire, le relais à instaurer à l’issue de l’hospitalisation ou de la détention, soit vers un médecin traitant, soit vers un CSAPA doit être envisagé avec le patient dès le début du traitement. Ce médecin traitant sera choisi par accord entre le patient et le prescripteur initial. Au moment du relais, l’ordonnance du prescripteur initial devra mentionne

Contre-indications

·Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1. ·Enfants et adolescents de moins de 15 ans (voir rubrique 4.2). ·Situation à risque élevé de dépression respiratoire, en particulier : patients avec une insuffisance respiratoire sévère. ·Patients présentant un iléus paralytique constitué. ·En association avec un agoniste-antagoniste morphinique (buprénorphine, nalbuphine), avec un antagoniste morphinique partiel (naltrexone, nalméfène), avec le citalopram, l’escitalopram, la dompéridone, l’hydroxyzine, le millepertuis, l’oxybate de sodium ou la pipéraquine (voir rubrique 4.5).

Mises en garde et précautions

Mises en garde spéciales Ce médicament est un dérivé morphinique dont la prescription est exclusivement réservée au traitement de substitution aux opioïdes. Le succès du traitement est fortement corrélé à la posologie et aux mesures médico-psychologiques et socio-éducatives associées. Le traitement peut révéler des troubles psychiatriques nécessitant une prise en charge pluridisciplinaire, adaptée à chaque patient. _Dépression du SNC et respiratoire_ Des cas de décès par dépression respiratoire ont été rapportés avec la méthadone. Le risque de dépression respiratoire et de décès est plus important pendant la période d’initiation du traitement et lors de la reprise du traitement après une période de sevrage (perte de tolérance). La prise de méthadone avec de l’alcool ou des dépresseurs du système nerveux central (tels que tranquillisants, sédatifs, hypnotiques) peut augmenter le risque de dépression du système nerveux central. La surveillance et l’évaluation des patients pendant la première semaine sont primordiales. En effet lors de l’administration de méthadone, l’état d’équilibre est obtenu tardivement, avec en particulier un risque d’augmentation de la concentration plasmatique entre le 4ème et le 6ème jour, d’où une vigilance clinique accrue pendant cette période. L'utilisation concomitante de méthadone et de médicaments sédatifs tels que les benzodiazépines ou des médicaments apparentés peut entraîner une sédation, une dépression respiratoire, un coma et le décès. Par conséquent, les patients recevant des dépresseurs du système nerveux central et de la méthadone doivent être encore plus étroitement surveillés pour détecter les signes de dépression respiratoire, de sédation et d’hypotension. En raison de ces risques, la prescription concomitante de ces médicaments sédatifs devrait être réservée aux patients pour lesquels il n'existe pas d'autres options thérapeutiques. Dans le cas d’une décision de prescrire la méthadone en même temps que des médicaments sédatifs, la dose efficace la plus faible doit être utilisée et la durée du traitement doit être aussi courte que possible (voir rubrique 4.5). Le patient devra être étroitement surveillé afin de détecter des signes et symptômes de dépression respiratoire et de sédation. Par conséquent, il est fortement recommandé d’informer le patient et son entourage d’être attentifs à ces symptômes (voir rubrique 4.5). La prise concomitante de méthadone avec des boissons alcoolisées ou des médicaments contenant de l’alcool est déconseillée (voir rubrique 4.5). Addiction/Accoutumance/Dépendance/Trouble de l’usage d’opioïdes (abus et dépendance) La méthadone est un antalgique opioïde et est intrinsèquement très addictive. Elle présente une longue demi-vie, et peut donc s’accumuler. Une dose unique permettant de soulager les symptômes peut, en cas de prise quotidienne, entraîner une accumulation et, potentiellement, le décès. Comme avec les autres opioïdes, une accoutumance ainsi qu’une dépendance physique et/ou psychologique peuvent s’installer en cas d’administration répétée de méthadone. L’abus ou le mésusage intentionnel de METHADONE AP-HP peut entraîner un surdosage et/ou le décès. Le risque d’apparition d’un trouble de l’usage d’opioïde est plus élevé chez les patients présentant des antécédents personnels et/ou familiaux (parent ou frère/sœur) de troubles liés à la consommation de substances (notamment d’un trouble de l’usage d’alcool), chez les fumeurs et chez les patients présentant des antécédents personnels d’autres troubles mentaux (p. ex., trouble dépressif majeur, anxiété et troubles de la personnalité). L’apparition de signes de conduite toxicophile (p. ex., demande précoce de renouvellement d’ordonnance) doit être surveillée. Cela inclut un examen de la consommation concomitante d’opioïdes et de médicaments psychoactifs (p. ex. benzodiazépines). Chez les patients présentant des signes et symptômes de TUO, une consultation avec un addictologue doit être envisagée. Syndrome de sevrage Des dépendances physique et psychique peuvent apparaître au cours d’un traitement par méthadone. L'arrêt brutal du traitement entraîne l'apparition d'un syndrome de sevrage aux opioïdes et une diminution de la tolérance acquise. Le syndrome de sevrage peut se manifester par les symptômes suivants : agitation, larmoiement, éternuement, rhinorrhée, bâillements, sudation, frissons, tremblements, mydriase, irritabilité, anxiété, douleurs des extrémités, douleur dorsale, arthralgie, myalgie, contracture musculaire, spasme musculaire, faiblesse, crampes abdominales, insomnie, nausées, anorexie, vomissements, diarrhée, hausse de la tension artérielle, de la fréquence respiratoire ou de la fréquence cardiaque, piloérection et fièvre. L'apparition de ce syndrome de sevrage sera évitée par une diminution progressive des doses. Lors de la réintroduction du traitement substitutif les recommandations incitent à une réévaluation médicale de la posologie. Il s’agit d’une situation à risque pour le patient qui doit être informé du risque de surdosage en cas d’une nouvelle consommation d’opioïdes (quelle que soit la dose). Mésusage / Usage détourné Le risque de mésusage de ce médicament est à surveiller. L'usage détourné peut entraîner des effets indésirables graves pouvant être fatals. Il est recommandé, lors de chaque consultation, de vérifier l’absence de pratique d’injection par le patient. Ingestion accidentelle La dose létale de la méthadone est de l’ordre de 1 mg/kg pour les enfants et les personnes naïves ou peu dépendantes aux opioïdes. Afin d’éviter tout risque d’ingestion accidentelle, les patients doivent être avertis de mettre les flacons en sûreté, de ne jamais ouvrir à l’avance les flacons, de les tenir hors de portée et de la vue des enfants et de ne pas prendre ce médicament devant les enfants. Un service d’urgence doit être contacté immédiatement en cas d’ingestion accidentelle ou de suspicion d’ingestion (voir rubrique 4.8). Mise à disposition de naloxon

Interactions médicamenteuses

Substances susceptibles de donner des torsades de pointe Ce trouble du rythme cardiaque grave, susceptible d’entraîner des arythmies de type fibrillation ventriculaire, peut aboutir à une mort subite ou un arrêt cardiaque. Il peut être provoqué par un certain nombre de médicaments, antiarythmiques ou non. L’hypokaliémie est un facteur favorisant, de même que la bradycardie ou un allongement préexistant de l’intervalle QT, congénital ou acquis. Les médicaments à l’origine de cet effet indésirable sont notamment les antiarythmiques de classe Ia et III, certains neuroleptiques. D’autres substances n’appartenant pas à ces classes sont également en cause. Pour l’érythromycine et la vincamine, seules les formes administrées par voie intraveineuse sont concernées par cette interaction. L’utilisation d’un médicament torsadogène avec un autre médicament torsadogène est contre-indiquée en règle générale. Toutefois, certains d’entre eux, en raison de leur caractère incontournable font exception à la règle en étant seulement déconseillés avec les autres torsadogènes. Il s’agit de la méthadone, de l’hydroxychloroquine, des antiparasitaires (chloroquine, halofantrine, luméfantrine, pentamidine), des arsénieux, du crizotinib, du cotrimoxazole et des neuroleptiques. Cependant le citalopram, l’escitalopram, la dompéridone, l’hydroxyzine et la pipéraquine ne suivent pas cet assouplissement et sont contre-indiqués avec tous les torsadogènes. **Médicaments sédatifs** L’utilisation concomitante de médicaments sédatifs avec la méthadone augmente le risque de sédation, de dépression respiratoire, de coma et de décès en raison de l’effet dépresseur additif sur le système nerveux central (SNC). Parmi les médicaments sédatifs ; les dérivés morphiniques (analgésiques, antitussifs et traitements de substitution), les neuroleptiques, les barbituriques, les benzodiazépines, les anxiolytiques autres que les benzodiazépines (par exemple, le méprobamate), les hypnotiques, les antidépresseurs sédatifs (amitriptyline, doxépine, miansérine, mirtazapine, trimipramine), les antihistaminiques H1 sédatifs, les antihypertenseurs centraux, le baclofène et le thalidomide. La posologie et la durée de traitement en cas d’utilisation concomitante doivent être restreintes (voir rubrique 4.4). **Médicaments sérotoninergiques** Le syndrome sérotoninergique peut survenir lors de l'administration concomitante de méthadone avec de la péthidine, des inhibiteurs de la monoamine oxydase (MAO) et des agents sérotoninergiques tels que les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la norépinéphrine (IRSN) et les antidépresseurs tricycliques (ATC). Les symptômes du syndrome sérotoninergique peuvent inclure des changements de l'état mental, une instabilité du système nerveux autonome, des anomalies neuromusculaires et/ou des symptômes gastro-intestinaux. Associations contre-indiquées (voir rubrique 4.3) \+ Morphiniques agonistes-antagonistes : nalbuphine, buprénorphine Diminution de l'effet de la méthadone par blocage compétitif des récepteurs. \+ Morphiniques antagonistes partiels : naltrexone, nalméfène Risque d'apparition d'un syndrome de sevrage. \+ Citalopram, escitalopram Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointe. \+ Dompéridone Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointe. \+ Hydroxyzine Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointe. \+ Millepertuis Diminution des concentrations de méthadone par le millepertuis, avec risque de syndrome de sevrage. \+ Oxybate de sodium Risque majoré de dépression respiratoire, pouvant être fatale en cas de surdosage. \+ Pipéraquine Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointe. Associations déconseillées (voir rubrique 4.4) \+ Alcool (boisson ou excipient) Majoration par l’alcool de l'effet sédatif de la méthadone. L'altération de la vigilance peut rendre dangereuses la conduite de véhicules et l'utilisation de machines. Éviter la prise de boissons alcoolisées et de médicaments contenant de l'alcool. **\+ Apalutamide** Risque de diminution très importante des concentrations de la méthadone et perte d’efficacité par augmentation de son métabolisme hépatique par l’apalutamide. **\+ Cocaïne** Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointe, pouvant provoquer une mort subite ou un arrêt cardiaque. \+ Cotrimoxazole (sulfaméthoxazole + triméthoprime) Risque de troubles ventriculaires, notamment de torsades de pointe. Si l’association ne peut être évitée, contrôle clinique et électrocardiographique régulier. \+ Substances susceptibles de donner des torsades de pointe : Antiarythmiques de classe Ia (quinidine, hydroquinidine, disopyramide), antiarythmiques de classe III (amiodarone, dronédarone, sotalol), certains antiparasitaires\* (halofantrine, luméfantrine, pentamidine, chloroquine), arsénieux, certains macrolides (érythromycine IV, spiramycine), certains neuroleptiques (amisulpride, chlorpromazine, cyamémazine, dropéridol, flupentixol, fluphénazine, halopéridol, lévomépromazine, pimozide, pipampérone, pipotiazine, quétiapine, sulpiride, tiapride, zuclopenthixol), crizotinib\*\*, délamanid\*\*, hydroxychloroquine, moxifloxacine, méquitazine, prucalopride, torémifène, vandétanib, vincamine IV. Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointe. Surveillance clinique et électrocardiographique pendant l’association. \\* Si cela est possible, interrompre l’un des 2 traitements. Si l’association ne peut être évitée, contrôle préalable du QT et surveillance ECG monitorée. \\*\\* Si l’association ne peut être évitée, contrôle clinique et électrocardiographique réguliers. Associations faisant l'objet de précautions d’emploi \+ Anagrélide Risque majoré de troubles du rythme ventriculaire, notamment de torsades de pointe. Surveill

Grossesse et allaitement

Grossesse La méthadone traverse la barrière placentaire. Compte-tenu des données disponibles et du bénéfice maternel et fœtal, l’utilisation de la méthadone est possible au cours de la grossesse quel qu’en soit le terme. En cours de grossesse, des doses plus importantes de méthadone sont parfois nécessaires pour l'équilibre du traitement. La prise chronique de méthadone par la mère en fin de grossesse, quelle que soit la dose, peut être à l’origine d’un syndrome de sevrage aux opioïdes chez le nouveau-né dont l’apparition peut être retardée de plusieurs heures à quelques jours. En cas d’utilisation régulière pendant la grossesse, une surveillance néonatale doit être réalisée afin de prévenir le risque de dépression respiratoire ou de syndrome de sevrage chez le nouveau-né. Certaines études observationnelles ont rapporté que l’exposition in utero à la méthadone dans le cadre d’un traitement de substitution aux opioïdes pourrait être liés à un risque accru de malformations congénitales et de troubles du neurodéveloppement par rapport aux femmes non exposées à la méthadone ou aux femmes traitées par de la buprénorphine au cours de la grossesse. Cependant, en raison des limites de ces études et de la présence de facteurs de confusion maternels, familiaux et socio-environnementaux associés aux troubles de l'usage d'opioïdes, aucune conclusion ne peut être établie quant à la contribution spécifique de la méthadone. Allaitement De petites quantités de méthadone sont excrétées dans le lait maternel. La décision de recommander l’allaitement doit tenir compte de l'avis d'un spécialiste. Il convient de prendre en considération si la femme reçoit une dose d'entretien stable de méthadone et si elle continue de consommer des substances illicites. Si l'allaitement est envisagé, la dose de méthadone doit être aussi faible que possible. Les prescripteurs doivent conseiller aux femmes qui allaitent de surveiller le nourrisson afin de déceler tout signe de sédation et de dépression respiratoire et de contacter immédiatement un service d’aide médicale urgente si cela se produit. Bien que la quantité de méthadone excrétée dans le lait maternel ne soit pas suffisante pour éviter complètement les symptômes de sevrage chez les nourrissons allaités, cela peut atténuer la gravité du syndrome de sevrage néonatal. S'il est nécessaire d’interrompre l'allaitement, cela doit être fait progressivement car un sevrage brutal pourrait augmenter les symptômes de sevrage chez le nourrisson. Fertilité L'utilisation chronique d'opioïdes peut entraîner une fertilité réduite chez les femmes et les hommes en âge de procréer. Des études chez des hommes inclus dans des programmes de substitution avec la méthadone ont montré que la méthadone diminue la testostérone sérique et déprime nettement le volume de l'éjaculat et la motilité des spermatozoïdes.

Effets indésirables

Chez le sujet pharmacodépendant aux opioïdes lors de la mise en place du traitement par la méthadone, les effets indésirables les plus fréquents sont : euphorie, vertiges, somnolence, nausées, vomissements, constipation, sédation, hypersudation, dysurie, œdèmes. Chez le sujet pharmacodépendant aux opioïdes traité par la méthadone en phase d’entretien, les effets indésirables les plus fréquents sont : hypersudation, nausées, constipation. Depuis la commercialisation des gélules de METHADONE AP-HP, des cas fatals d’ingestion accidentelle, en particulier chez des enfants, ont été rapportés (voir rubrique 4.4). Les effets indésirables ci-dessous sont classés par système organe et par fréquence. Les fréquences issues des essais cliniques sont classées en : très fréquent (≥1/10), fréquent (≥1/100 à <1/10), peu fréquent (≥1/1 000 à <1/100), rare (≥ 1/10 000 à < 1/1 000), très rare (< 1/10 000), indéterminé (la fréquence ne peut pas être estimée sur la base des données disponibles). La fréquence des effets indésirables listés ci-dessous est indéterminée : | Système Organe/Classe | Effets indésirables | | --- | --- | | Affections hématologiques et du système lymphatique | Thrombopénie1 | | Affections endocriniennes | Hyperprolactinémie2 | | Troubles du métabolisme et de la nutrition | Appétit diminué <br>Hypoglycémie | | Affections psychiatriques | Humeur euphorique3<br>Insomnie <br>Agitation <br>Diminution de la libido <br>Etat confusionnel <br>Dépendance <br>Désorientation <br>Hallucination | | Affections du système nerveux | Somnolence3<br>Sédation3 <br>Céphalée <br>Sensation vertigineuse3<br>Syncope <br>Convulsion | | Affections endocriniennes | Hypogonadisme<br>Insuffisance surrénalienne | | Affections oculaires | Défauts visuels <br>Myosis | | Affections cardiaques | Arrêt cardiaque4 <br>Bradycardie <br>Palpitations <br>Torsade de pointes <br>Tachycardie <br>Arythmie | | Affections vasculaires | Hypotension4, 6<br>Choc4<br>Bouffée congestive | | Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales | Dépression respiratoire4<br>Arrêt respiratoire4<br>Syndrome d’apnée centrale du sommeil | | Affections gastro-intestinales | Bouche sèche <br>Nausées3, 5 Vomissement3<br>Constipation3, 5 <br>Douleur abdominale <br>Pancréatite subaiguë | | Affections hépatobiliaires | Douleur biliaire <br>Dysfonctionnement du sphincter de l'ampoule hépatopancréatique | | Affections de la peau et du tissu sous-cutané | Hyperhidrose3, 5 <br>Prurit <br>Rash <br>Urticaire | | Affections du rein et des voies urinaires | Dysurie3<br>Rétention urinaire | | Affections des organes de reproduction et du sein | Gynécomastie <br>Aménorrhée <br>Dysménorrhée <br>Dysérection <br>Galactorrhée | | Troubles généraux et anomalies au site d’administration | Oedème3 <br>Asthénie <br>Fatigue <br>Malaise <br>Œdèmes périphériques | | Investigations | Intervalle QT prolongé à l'électrocardiogramme <br>Poids augmenté <br>Testostérone sanguine diminuée | 1 : Des cas réversibles de thrombopénie ont été rapportés chez des patients dépendants aux opioïdes avec hépatite chronique 2 : Elévation de la prolactine lors de l’administration à long terme 3 : Effets indésirables les plus fréquents chez les sujets pharmacodépendants aux opioïdes lors de la mise en place du traitement par la méthadone 4 : Effets indésirables les plus sévères 5 : Effets indésirables les plus fréquents chez les sujets pharmacodépendants aux opioïdes traités par la méthadone en phase d'entretien 6 : Symptomatique Déclaration des effets indésirables suspectés La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : [https://signalement.social-sante.gouv.fr](https://signalement.social-sante.gouv.fr/).

Conduite à tenir en cas de surdosage

Un surdosage aux opioïdes peut survenir en cas de prise de quantités plus importantes que prescrites, lors d’association avec d’autres médicaments (voir section 4.5), de reprises d’opioïdes après une réduction ou un arrêt de consommation (perte de tolérance), en cas d’antécédents de surdosage d’opioïdes ou dans toute anomalie d’utilisation des opioïdes. Une ingestion accidentelle ou volontaire par une personne naïve (entourage) peut également conduire à un surdosage. Symptômes Le principal symptôme nécessitant une intervention médicale en cas de surdosage est la dépression respiratoire consécutive à une dépression du système nerveux central, car elle peut conduire à un arrêt respiratoire et à la mort (voir rubrique 4.4). L’effet dépresseur respiratoire maximal de la méthadone peut se produire plus tard et persister plus longtemps que son effet pharmacologique maximal (voir section 5.2). Les autres signes d’un surdosage sont notamment des nausées, des vomissements, une hypoglycémie, une sédation, un myosis, une hypotension artérielle, une bradycardie, une bradypnée sévère, un œdème pulmonaire, une somnolence sévère pouvant évoluer en stupeur voire coma. Ces signes ont été observés lors de cas fatals d’ingestion accidentelle, en particulier chez des enfants (voir rubrique 4.4). Dans quelques cas, le coma peut être associé à une hypothermie ou à une hypoglycémie. De rares cas de perte de l’audition, la plupart du temps réversible, ont été rapportés dans un contexte de surdosage à la méthadone. Comme avec d’autres opioïdes, des cas d’encéphalopathies ont été rapportés. Des cas de leucoencéphalopathie toxique ont été observés dans le contexte d’un surdosage de méthadone. **Conduite à tenir en cas de suspicion de surdosage ou d’ingestion accidentelle** Après avoir contacté immédiatement un service d’urgence, l’utilisation rapide de naloxone « prête à l’emploi » doit être initiée en cas de suspicion de surdosage (voir rubrique 4.4). Traitement Le traitement symptomatique de la dépression respiratoire et de l'hypotension doit faire appel aux mesures de réanimation habituelles. Un surdosage aux opioïdes est traité par l’administration d’un antagoniste des récepteurs opioïdes, tel que la naloxone. Cet antidote est disponible avec ou sans ordonnance sous forme de kit prêt à l’emploi. Si la personne en surdosage ne répond pas à la première dose de naloxone dans les 2 à 3 minutes, une seconde dose doit être administrée.Des doses supplémentaires peuvent être administrées en cas de besoin, en respectant les recommandations de la spécialité utilisée. La méthadone ayant une durée d’action plus longue (jusqu’à 47h) que celle de la naloxone (20 minutes à 2h environ selon la voie d’administration), les symptômes d’un surdosage peuvent réapparaitre à distance d’une première amélioration et peuvent nécessiter une administration répétée de la naloxone. Une surveillance de la personne est donc nécessaire dans l’attente des secours qui doivent être systématiquement alertés. Après la prise en charge médicale, une surveillance de l’état de sédation et de dépression respiratoire du patient est nécessaire et doit être adaptée au contexte clinique de chaque patient. 5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES

Source : monographie du Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP), base publique des médicaments (ANSM). Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.