Substance active : Chlorhydrate de venlafaxine. gélule à libération prolongée — voie orale.
Indications thérapeutiques
·Traitement des épisodes dépressifs majeurs.
·Pour la prévention des récidives des épisodes dépressifs majeurs.
·Traitement du trouble anxiété généralisée.
·Traitement du trouble anxiété sociale (phobie sociale).
·Traitement du trouble panique, avec ou sans agoraphobie.
Posologie et mode d'administration
Posologie
Episodes dépressifs majeurs
La posologie initiale recommandée de venlafaxine à libération prolongée est de 75 mg en une prise quotidienne. Les patients ne répondant pas à la posologie initiale de 75 mg/jour peuvent bénéficier d'une augmentation de posologie jusqu'à une posologie maximale de 375 mg/jour. Les augmentations posologiques peuvent être effectuées par paliers de 2 semaines ou plus. Si cela se justifie sur le plan clinique en raison de la sévérité des symptômes, la posologie peut être augmentée à intervalles de temps plus rapprochés, en respectant un minimum de 4 jours.
En raison du risque d'effets indésirables dose-dépendants, la posologie ne devra être augmentée qu'après une évaluation clinique (voir rubrique 4.4). La posologie minimale efficace doit être maintenue.
Les patients doivent être traités pour une durée suffisante, généralement de plusieurs mois ou plus. Le traitement doit être réévalué régulièrement au cas par cas. Un traitement à plus long terme peut également être justifié pour la prévention des récidives des épisodes dépressifs majeurs (EDM). Dans la plupart des cas, la posologie recommandée dans la prévention des récidives des EDM est la même que celle utilisée pendant l'épisode actuel.
Le traitement antidépresseur doit être poursuivi pendant au moins 6 mois après la rémission.
En raison du risque d'effets indésirables dose-dépendants, la posologie ne devra être augmentée qu'après une évaluation clinique (voir rubrique 4.4). La posologie minimale efficace doit être maintenue.
Les patients doivent être traités pour une durée suffisante, généralement de plusieurs mois ou plus. Le traitement doit être réévalué régulièrement au cas par cas.
Trouble Anxiété généralisée
La posologie initiale recommandée de venlafaxine à libération prolongée est de 75 mg en une prise quotidienne. Les patients ne répondant pas à la posologie initiale de 75 mg/jour peuvent bénéficier d'une augmentation de posologie jusqu'à une posologie maximale de 225 mg/jour. Les augmentations posologiques peuvent être effectuées par paliers de 2 semaines ou plus.
En raison du risque d'effets indésirables dose-dépendants, la posologie ne devra être augmentée qu'après une évaluation clinique (voir rubrique 4.4). La posologie minimale efficace doit être maintenue.
Les patients doivent être traités pour une durée suffisante, généralement de plusieurs mois ou plus. Le traitement doit être réévalué régulièrement au cas par cas.
Trouble Anxiété sociale (Phobie sociale)
La posologie recommandée de venlafaxine à libération prolongée est de 75 mg en une prise quotidienne. Il n'a pas été démontré que des posologies plus élevées permettaient d'obtenir un bénéfice additionnel.
Cependant, chez certains patients qui ne répondent pas à la posologie initiale de 75 mg/jour, une augmentation de la dose peut être envisagée jusqu'à une posologie maximale de 225 mg/jour. La posologie peut être augmentée par paliers de 2 semaines ou plus.
En raison du risque d'effets indésirables dose-dépendants, la posologie ne devra être augmentée qu'après une évaluation clinique (voir rubrique 4.4). La posologie minimale efficace doit être maintenue.
Les patients doivent être traités pour une durée suffisante, généralement de plusieurs mois ou plus. Le traitement doit être réévalué régulièrement au cas par cas.
Trouble panique
Il est recommandé d'utiliser une posologie de 37,5 mg/jour de venlafaxine à libération prolongée pendant 7 jours. La posologie doit ensuite être augmentée à 75 mg/jour. Les patients ne répondant pas à la posologie de 75 mg/jour peuvent bénéficier d'une augmentation de posologie jusqu'à une posologie maximale de 225 mg/jour. Les augmentations posologiques peuvent être effectuées par paliers de 2 semaines ou plus.
En raison du risque d'effets indésirables dose-dépendants, la posologie ne devra être augmentée qu'après une évaluation clinique (voir rubrique 4.4). La posologie minimale efficace doit être maintenue.
Les patients doivent être traités pour une durée suffisante, généralement de plusieurs mois ou plus. Le traitement doit être réévalué régulièrement au cas par cas.
Populations particulières
Patients âgés
Aucun ajustement spécifique de la dose de venlafaxine n'est considéré comme nécessaire sur le seul critère de l'âge du patient. Cependant, la prudence s'impose au cours du traitement de patients âgés (ex : en raison du risque d'insuffisance rénale, de l'éventualité de modifications liées à l'âge de la sensibilité et de l'affinité des neurotransmetteurs). La posologie minimale efficace devra toujours être utilisée et les patients devront être attentivement surveillés lors de toute augmentation de posologie.
Population pédiatrique
La venlafaxine n'est pas recommandée chez les enfants et les adolescents.
Les études cliniques contrôlées chez les enfants et les adolescents présentant un épisode dépressif majeur n'ont pas permis de démontrer l'efficacité de la venlafaxine et ne soutiennent pas son utilisation chez ces patients (voir rubriques 4.4 et 4.8).
L'efficacité et la sécurité de la venlafaxine dans d'autres indications chez l'enfant et l'adolescent de moins de 18 ans n'ont pas été établies.
Insuffisance hépatique
D'une manière générale, une réduction de la posologie de 50 % doit être envisagée chez les patients présentant une insuffisance hépatique légère ou modérée. En raison de la variabilité interindividuelle de la clairance, une adaptation individuelle de la posologie parait néanmoins souhaitable.
Les données concernant les patients présentant une insuffisance hépatique sévère sont limitées. La prudence est recommandée et une réduction de plus de 50 % de la posologie doit être envisagée. Le bénéfice potentiel devra être soupesé au regard du risque en cas de traitement de patients présentant une insuffisance hépatique sévère.
Insuffisance rénale
Bien qu'aucune adaptation posologique ne soit nécessaire chez les patients présentant un débit de filtration glomérulaire (DFG) entre 30 et 70 ml/minut
Contre-indications
Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.
L'association à un traitement par inhibiteurs irréversibles de la monoamine-oxydase (IMAO) est contre-indiquée en raison du risque de survenue d'un syndrome sérotoninergique, se manifestant notamment par une agitation, des tremblements et une hyperthermie. La venlafaxine ne doit pas être débutée dans les 14 jours suivant l'arrêt d'un traitement par un IMAO irréversible.
La venlafaxine doit être arrêtée au moins 7 jours avant le début d'un traitement par un IMAO irréversible (voir rubriques 4.4 et 4.5).
Mises en garde et précautions
Surdosage
Compte tenu de ses effets sur le SNC et de sa capacité à entraîner une aggravation clinique des troubles psychiatriques ainsi que du risque d'interactions indésirables avec la venlafaxine, notamment des effets dépresseurs sur le SNC, il doit être recommandé aux patients d'éviter la consommation d'alcool (rubrique 4.5). Le surdosage en venlafaxine a été essentiellement rapporté en association avec la prise d'alcool et/ou d'autres médicaments, notamment pour les cas connaissant une issue fatale (rubrique 4.9).
Afin de réduire le risque de surdosage, les prescriptions de venlafaxine devront se limiter à la plus petite quantité de médicament compatible avec une bonne prise en charge du patient (voir rubrique 4.9).
Suicide/idées suicidaires ou aggravation clinique
La dépression est associée à un risque accru d’idées suicidaires, d’auto-agression et de suicide (comportements de type suicidaire). Ce risque persiste jusqu’à obtention d’une rémission significative. L’amélioration clinique pouvant ne pas survenir avant plusieurs semaines de traitement, les patients devront être surveillés étroitement jusqu’à obtention de cette amélioration. L’expérience clinique montre que le risque suicidaire peut augmenter en tout début de rétablissement.
Les autres troubles psychiatriques dans lesquels la venlafaxine est prescrite peuvent également être associés à un risque accru de comportement suicidaire. De plus, ces troubles peuvent être associés à un épisode dépressif majeur. Les mêmes précautions d’emploi que celles mentionnées pour les patients souffrant d’épisodes dépressifs majeurs devront donc être appliquées aux patients présentant d’autres troubles psychiatriques.
Les patients ayant des antécédents de comportement de type suicidaire ou ceux exprimant des idées suicidaires significatives avant de débuter le traitement présentent un risque plus élevé de survenue d’idées suicidaires ou de comportements de type suicidaire, et doivent faire l’objet d'une surveillance étroite pendant le traitement. Une méta-analyse d’essais cliniques contrôlés _versus_ placebo sur l’utilisation d’antidépresseurs chez l’adulte présentant des troubles psychiatriques a montré une augmentation du risque de comportement de type suicidaire chez les patients de moins de 25 ans traités par antidépresseurs par rapport à ceux recevant un placebo.
Une surveillance étroite des patients, et en particulier de ceux à haut risque, devra accompagner le traitement médicamenteux, particulièrement au début du traitement et lors des changements de dose. Les patients (et leur entourage) devront être avertis de la nécessité de surveiller la survenue d’une aggravation clinique, l’apparition d’idées/comportements suicidaires et tout changement anormal du comportement et de prendre immédiatement un avis médical si ces symptômes survenaient.
Population pédiatrique
L’utilisation de venlafaxine est déconseillée chez les enfants et adolescents de moins de 18 ans. Des comportements de type suicidaire (tentative de suicide et idées suicidaires) et de type hostile (principalement agressivité, comportement d’opposition et colère) ont été plus fréquemment observés au cours des études cliniques chez les enfants et adolescents traités par antidépresseurs par rapport à ceux traités par placebo. Si, en cas de nécessité clinique, la décision de traiter est néanmoins prise, le patient devra faire l’objet d’une surveillance attentive pour détecter l’apparition de symptômes suicidaires. De plus, on ne dispose d’aucune donnée de tolérance à long terme chez l’enfant et l’adolescent concernant la croissance, la maturation, et le développement cognitif et comportemental.
Syndrome sérotoninergique
Comme avec d’autres agents sérotoninergiques, un syndrome sérotoninergique pouvant engager le pronostic vital peut survenir lors d’un traitement par la venlafaxine, notamment en cas d’association avec d’autres substances susceptibles d’affecter le système de neurotransmission sérotoninergique (notamment les triptans, les ISRS, les IRSN, les antidépresseurs tricycliques, les amphétamines, le lithium, la sibutramine, le millepertuis \[ _Hypericum perforatum_\], les opioïdes (ex : la buprénorphine, le fentanyl et ses analogues, le tramadol, le dextrométhorphane, le tapentadol, la péthidine, la méthadone et la pentazocine)), avec les médicaments affectant le métabolisme de la sérotonine (tels que les IMAO, par ex., le bleu de méthylène), avec des précurseurs de la sérotonine (tels que les compléments de tryptophane) ou avec des antipsychotiques ou d’autres antagonistes de la dopamine (voir rubriques 4.3 et 4.5).
Les symptômes du syndrome sérotoninergique peuvent comporter des modifications de l’état mental (ex : agitation, hallucinations, coma), des manifestations dysautonomiques (ex : tachycardie, pression artérielle labile, hyperthermie), des atteintes neuromusculaires (ex : hyperréflexie, incoordination) et/ou des symptômes gastro-intestinaux (ex : nausées, vomissements, diarrhée). Dans sa forme la plus sévère, le syndrome sérotoninergique peut ressembler à un SMN, qui comporte une hyperthermie, une rigidité musculaire, une instabilité neurovégétative avec de possibles fluctuations rapides des constantes vitales et des altérations de l'état mental.
Si l'association de la venlafaxine à d'autres substances pouvant affecter le système de neurotransmetteurs sérotoninergiques et/ou dopaminergiques est cliniquement justifiée, une surveillance attentive du patient est conseillée, particulièrement lors de l'instauration du traitement et des augmentations posologiques.
L'utilisation concomitante de venlafaxine et de précurseurs de la sérotonine (tels que les suppléments contenant du tryptophane) n'est pas recommandée.
Glaucome à angle fermé
Une mydriase peut survenir au cours d’un traitement par la venlafaxine. Il est recommandé de surveiller étroitement les patients présentant une pression intraoculaire élevée ou un risque de glaucome aigu (glaucome à angle fermé).
Pression
Interactions médicamenteuses
Inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO)
IMAO non sélectifs irréversibles
La venlafaxine ne doit pas être utilisée en association avec les IMAO non sélectifs irréversibles. La venlafaxine ne doit pas être débutée dans les 14 jours suivants l'arrêt d'un traitement par un IMAO non sélectif irréversible. La venlafaxine doit être arrêtée au moins 7 jours avant l'instauration d'un traitement par un IMAO non sélectif irréversible (voir rubriques 4.3 et 4.4).
Inhibiteur sélectif réversible de la MAO-A (moclobémide)
En raison du risque de syndrome sérotoninergique, l'association de la venlafaxine à un IMAO réversible et sélectif, comme le moclobémide, n'est pas recommandée. Après un traitement par IMAO réversible, le traitement par la venlafaxine peut être débuté après une période d'arrêt de moins de 14 jours. Il est recommandé d'arrêter la venlafaxine au moins 7 jours avant l'instauration d'un traitement par un IMAO irréversible (voir rubrique 4.4).
IMAO réversible, non sélectif (linézolide)
Le linézolide (antibiotique) est un IMAO faible, réversible et non-sélectif et ne doit pas être donné aux patients traités par la venlafaxine (voir rubrique 4.4).
Des effets indésirables graves ont été rapportés chez des patients ayant récemment arrêté un IMAO et débuté un traitement par la venlafaxine, ou ayant récemment arrêté un traitement par la venlafaxine avant de débuter un IMAO. Ces effets incluaient des tremblements, des myoclonies, une diaphorèse, des nausées, des vomissements, des bouffées vasomotrices, des sensations vertigineuses, et une hyperthermie pouvant faire évoquer un syndrome malin des neuroleptiques, des crises convulsives, et un décès.
Syndrome sérotoninergique
Comme avec d'autres agents sérotoninergiques, un syndrome sérotoninergique peut survenir sous traitement par venlafaxine, en particulier en cas d'utilisation concomitante d'autres substances susceptibles d'affecter le système de neurotransmetteurs sérotoninergiques (notamment les triptans, les ISRS, les IRSN, les antidépresseurs tricycliques, les amphétamines, le lithium, la sibutramine, le millepertuis \[ _Hypericum perforatum_\]), les opioïdes (ex : la buprénorphine, le fentanyl et ses analogues, le tramadol, le dextrométhorphane, le tapentadol, la péthidine, la méthadone et la pentazocine)), avec les médicaments altérant le métabolisme sérotoninergique (tels que les IMAO, par ex., le bleu de méthylène), avec les précurseurs de la sérotonine (comme les suppléments contenant du tryptophane) ou avec les antipsychotiques ou d’autres antagonistes de la dopamine (voir rubriques 4.3 et 4.4).
Si l'association de la venlafaxine à un ISRS, un IRSN, ou un agoniste des récepteurs de la sérotonine (triptans) est cliniquement justifiée, une surveillance attentive du patient est conseillée, particulièrement lors de l'instauration du traitement et des augmentations posologiques. L'utilisation concomitante de venlafaxine et de précurseurs de la sérotonine (tels que les suppléments contenant du tryptophane) n'est pas recommandée (voir rubrique 4.4).
Substances agissant sur le SNC
Le risque lié à l'utilisation de la venlafaxine en association avec d'autres substances agissant sur le SNC n'a pas été systématiquement évalué. En conséquence, la prudence est conseillée lorsque la venlafaxine est prise en association à d'autres substances agissant sur le SNC.
Ethanol
Compte tenu de ses effets sur le SNC et de sa capacité à entraîner une aggravation clinique des troubles psychiatriques ainsi que du risque d'interactions indésirables avec la venlafaxine, notamment des effets dépresseurs sur le SNC, il doit être recommandé aux patients d'éviter la consommation d'alcool.
Médicaments provoquant un allongement de l’intervalle QT
Le risque d’allongement de l’intervalle QTc et/ou d’arythmie ventriculaire (par exemple TdP) est augmenté avec l’utilisation concomitante d’autres médicaments provoquant un allongement de l’intervalle QTc. L’administration concomitante de ces médicaments doit être évitée (voir rubrique 4.4).
Les classes correspondantes incluent :
·les médicaments antiarythmiques de classe Ia et III (par exemple, la quinidine, l’amiodarone, le sotalol, le dofétilide),
·certains antipsychotiques (par exemple, la thioridazine),
·certains macrolides (par exemple, l’érythromycine),
·certains antihistaminiques,
·certains antibiotiques de la famille des quinolones (par exemple, la moxifloxacine).
La liste ci-dessus n’est pas exhaustive et d’autres médicaments connus pour allonger significativement l’intervalle QT doivent être évités.
Effet d'autres médicaments sur la venlafaxine
Kétoconazole (inhibiteur du CYP3A4)
Une étude pharmacocinétique avec le kétoconazole chez des métaboliseurs lents (ML) et rapides (MR) du CYP2D6 a mis en évidence une augmentation de l'ASC (aire sous la courbe) de la venlafaxine (de respectivement 70 % et 21 % chez les patients ML et MR du CYP2D6) et de la O-déméthylvenlafaxine (de respectivement 33 % et 23 % chez les patients ML et MR du CYP2D6) après administration de kétoconazole. L'usage concomitant d'inhibiteurs du CYP3A4 (ex : atazanavir, clarithromycine, indinavir, itraconazole, voriconazole, posaconazole, kétoconazole, nelfinavir, ritonavir, saquinavir, télithromycine) et de venlafaxine peut accroître les concentrations de venlafaxine et d'O-déméthylvenlafaxine. Par conséquent, la prudence est conseillée si le traitement d'un patient comprend une association d'un inhibiteur du CYP3A4 et de venlafaxine.
Effet de la venlafaxine sur d'autres médicaments
Lithium
Un syndrome sérotoninergique peut être induit par l'usage concomitant de venlafaxine et de lithium (voir Syndrome sérotoninergique).
Diazépam
La venlafaxine n'a aucun effet sur la pharmacocinétique et la pharmacodynamie du diazépam, ni sur son métabolite actif, le déméthyldiazépam. Le diazépam ne semble pas affecter la pharmacocinétique de la venlafaxine ni de la O-déméthylvenlafaxine. Aucune autre interaction pharmacocinétique et/ou pharmacodynamique avec d'autres
Grossesse et allaitement
Grossesse
Il n'existe pas de données suffisamment pertinentes concernant l'utilisation de la venlafaxine chez la femme enceinte.
Des études effectuées chez l'animal ont mis en évidence une toxicité sur la reproduction (voir rubrique 5.3). Le risque potentiel en clinique n'est pas connu. La venlafaxine ne doit être administrée chez la femme enceinte que si les bénéfices attendus l'emportent sur les risques potentiels.
Comme avec d'autres inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (ISRS/IRSN), des symptômes de sevrage peuvent apparaître chez les nouveau-nés si la venlafaxine est utilisée jusqu'à la naissance ou juste avant. Certains nouveau-nés exposés à la venlafaxine tardivement au cours du troisième trimestre ont développé des complications nécessitant une alimentation par sonde, une assistance respiratoire ou une hospitalisation prolongée. Ces complications peuvent survenir immédiatement après l'accouchement.
Les données issues d’études observationnelles indiquent un risque accru (moins de 2 fois supérieur) d’hémorragie post-partum faisant suite à une exposition aux ISRS/IRSN dans le mois précédent la naissance (voir rubriques 4.4 et 4.8).
Des données épidémiologiques ont suggéré que l'utilisation d'ISRS pendant la grossesse, particulièrement en fin de grossesse, pouvait augmenter le risque d'hypertension artérielle pulmonaire persistante du nouveau-né (HTAP). Bien qu'aucune étude n'ait étudié l’existence d’une association entre HTAP et traitement par IRSN, ce risque potentiel ne peut être exclu avec la venlafaxine, compte-tenu du mécanisme d'action impliqué (inhibition de la recapture de la sérotonine).
Si la mère a été traitée par des ISRS/IRSN en fin de grossesse, les symptômes suivants peuvent être observés chez les nouveau-nés : irritabilité, tremblement, hypotonie, pleurs persistants, succion ou sommeil difficiles.
Ces signes peuvent correspondre, soit à des symptômes de sevrage, soit à des signes d'imprégnation sérotoninergique. Dans la majorité des cas, ces complications apparaissent immédiatement ou dans les 24 heures après l'accouchement.
Allaitement
La venlafaxine et son métabolite actif, la O-déméthylvenlafaxine, sont excrétés dans le lait maternel. Chez l’enfant allaité des cris, une irritabilité et des troubles du sommeil ont été rapportés. Des symptômes évoquant un syndrome de sevrage en venlafaxine ont également été rapportés après l’arrêt de l’allaitement. Un risque pour l’enfant allaité ne peut être exclu.
Par conséquent, une décision de poursuivre/arrêter l'allaitement ou de poursuivre/arrêter le traitement par venfalaxine doit être prise, en tenant compte des bénéfices de l'allaitement pour l'enfant et de ceux du traitement par venlafaxine pour la mère.
Fertilité
Une réduction de la fertilité a été observée dans une étude exposant des rats mâles et femelles au métabolite O-déméthylvenlafaxine. La pertinence de cette observation chez l'Homme n'est pas connue (voir rubrique 5.3).
Effets indésirables
Résumé du profil de sécurité
Au cours des études cliniques, les effets indésirables rapportés comme très fréquents (> 1/10) ont été les nausées, la sécheresse buccale, les céphalées et l’hypersudation (incluant les sudations nocturnes).
Liste des effets indésirables sous forme de tableau
Les effets indésirables sont listés ci-dessous par classe de systèmes d’organes, catégorie de fréquence et ordre décroissant de gravité au sein de chaque catégorie de fréquence.
Les fréquences sont définies selon la convention suivante : très fréquent (≥ 1/10), fréquent (≥ 1/100, < 1/10), peu fréquent (≥ 1/1 000, < 1/100), rare (≥ 1/10 000, < 1/1 000), très rare (< 1/10 000), fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles).
| **Classe de systèmes d’organes** | **Très fréquent** | **Fréquent** | **Peu fréquent** | **Rare** | **Très rare** | **Fréquence indéterminée** |
| --- | --- | --- | --- | --- | --- | --- |
| Affections hématologiques et du système lymphatique | | | | Agranulocytose\*,<br>Anémie aplasique\*,<br>Pancytopénie\*,<br>Neutropénie\*. | Thrombo-cytopénie\*. | |
| Affections du système immunitaire | | | | Réaction anaphylactique\*. | | |
| Affections endocriniennes | | | | Sécrétion d'hormone antidiurétique inappropriée\*. | Prolactine sanguine augmentée\*. | |
| Troubles du métabolisme et de la nutrition | | Diminution de l’appétit. | | Hyponatrémie\* | | |
| Affections psychiatriques | Insomnie. | Etat confusionnel\*,<br>Dépersonnalisation\*,<br>Rêves anormaux,<br>Nervosité,<br>Diminution de la libido,<br>Agitation\*,<br>Anorgasmie. | Manie,<br>Hypomanie,<br>Hallucinations,<br>Déréalisation,<br>Orgasmes anormaux,<br>Bruxisme\*,<br>Apathie. | Délire\*. | | Idées et comportements suicidairesa,<br>Agressionb. |
| Affections du système nerveux | Céphalées\*c,<br>Sensations vertigineuses,<br>Sédation. | Akathisie\*,<br>Tremblements,<br>Paresthésie,<br>Dysgueusie. | Syncope,<br>Myoclonie,<br>Trouble de l’équilibre\*,<br>Coordination anormale\*,<br>Dyskinésie\*. | Syndrome malin des neuroleptiques (SMN)\*,<br>Syndrome sérotoninergique\*,<br>Convulsions,<br>Dystonie\*. | Dyskinésie tardive\*. | |
| Affections oculaires | | Défauts visuels,<br>Trouble de l’accommodation, y compris vision trouble,<br>Mydriase. | | Glaucome à angle fermé\*. | | |
| Affections de l’oreille et du labyrinthe | | Acouphènes\*. | | | | Vertige. |
| Affections cardiaques | | Tachycardie,<br>Palpitations\*. | | Torsade de pointes\*,<br>Tachycardie ventriculaire\*,<br>Fibrillation ventriculaire,<br>Intervalle QT prolongé à l'électro-cardiogramme\*. | | Cardiomyopathie de stress (cardiomyopathie de Takotsubo)\*. |
| Affections vasculaires | | Hypertension,<br>Bouffées de chaleur. | Hypotension orthostatique,<br>Hypotension\*. | | | |
| Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales | | Dyspnée\*,<br>Bâillement. | | Pneumopathie interstitielle diffuse\*,<br>Eosinophilie pulmonaire\*. | | |
| Affections gastro-intestinales | Nausées,<br>Bouche sèche,<br>Constipation. | Diarrhée\*,<br>Vomissements. | Hémorragie gastro-intestinale\*. | Pancréatite\*. | | |
| Affections hépatobiliaires | | | Test hépatique anormal\*. | Hépatite\*. | | |
| Affections de la peau et du tissu sous-cutané | Hyperhidrose (incluant transpiration nocturne)\*. | Rash,<br>Prurit\*. | Urticaire\*,<br>Alopécie\*,<br>Ecchymose,<br>Angiœdème\*,<br>Réaction de photosensibilité. | Syndrome de Stevens-Johnson\*,<br>Nécrolyse épidermique toxique\*,<br>Erythème polymorphe\*. | | |
| Affections musculo-squelettiques et systémiques | | Hypertonie. | | Rhabdomyolyse\*. | | |
| Affections du rein et des voies urinaires | | Délai à la miction,<br>Rétention urinaire,<br>Pollakiurie\*. | Incontinence urinaire\*. | | | |
| Affections des organes de reproduction et du sein | | Ménorragie\*,<br>Métrorragie\*,<br>Dysfonctionnement érectileb,<br>Trouble de l’éjaculationb. | | | | Hémorragie post-partum\*d. |
| Troubles généraux et anomalies au site d’administration | | Fatigue,<br>Asthénie,<br>Frissons\*. | | | Hémorragie muqueuse\*. | |
| Investigations | | Poids diminué,<br>Poids augmenté,<br>Cholestérol sanguin augmenté. | | | Temps de saignement allongé\*. | |
\\* EI identifiés après la mise sur le marché
a Des cas d’idées et de comportements suicidaires ont été rapportés sous traitement par venlafaxine, ou peu de temps après arrêt du traitement (voir rubrique 4.4).
b Voir rubrique 4.4.
c Lors du regroupement d’études cliniques, l’incidence des céphalées est identique sous venlafaxine et placebo.
d Cet événement a été rapporté pour la classe thérapeutique des ISRS/IRSN (voir rubriques 4.4 et 4.6).
Arrêt du traitement
L’arrêt de la venlafaxine (particulièrement lorsqu’il est brutal) entraîne habituellement des symptômes de sevrage. Les effets les plus fréquemment rapportés sont : vertiges, troubles sensoriels (notamment paresthésies), troubles du sommeil (notamment insomnies et rêves agités), agitation ou anxiété, nausées et/ou vomissements, tremblements, vertiges, céphalées, syndromes grippaux, troubles visuels et hypertension. Habituellement, ces événements sont légers à modérés et disparaissent spontanément. Toutefois chez certains patients, ils peuvent être sévères ou prolongés. Pour ces raisons, lorsque le traitement par venlafaxine ne s’impose plus, il est conseillé de procéder à un arrêt progressif par diminution des doses. Cependant, chez certains patients, une agressivité marquée et des idées suicidaires ont été observées lorsque les doses ont été réduites ou à l’arrêt du traitement (voir rubriques 4.2 et 4.4).
Population pédiatrique
En général le profil des effets indésirables sous venlafaxine (dans les essais cliniques contrôlés par placebo) chez des enfants et adolescents (âgés de 6 à 17 ans), était similaire à celui des adultes. Comme chez les adultes, on observe des pertes d’appétit, pertes de poids, augmentations de la pression artérielle et des augmentations du cholestérol (voir rubrique 4.4).
Lors des essais clinique
Conduite à tenir en cas de surdosage
Les données acquises depuis la commercialisation montrent que le surdosage en venlafaxine a été essentiellement rapporté en association avec la prise d'alcool et/ou d'autres médicaments, notamment pour les cas connaissant une issue fatale.
Les événements les plus fréquemment rapportés au cours d'un surdosage comportent une tachycardie, des modifications du niveau de conscience (allant d'une somnolence à un coma), une mydriase, des convulsions et des vomissements.
Les autres événements rapportés incluent des modifications électrocardiographiques (ex. : allongement de l'intervalle QT, bloc de branche, allongement du QRS (voir rubrique 5.1)), une tachycardie ventriculaire, une bradycardie, une hypotension, une hypoglycémie, des vertiges, et le décès. Chez l'adulte, des symptômes d'empoisonnement sévère peuvent se manifester après la prise d'une dose de venlafaxine d'environ 3 grammes.
Des études rétrospectives publiées rapportent qu'un surdosage en venlafaxine peut être associé à un risque accru de décès par rapport à celui observé avec les antidépresseurs de type ISRS, mais inférieur à celui observé avec les antidépresseurs tricycliques. Des études épidémiologiques ont montré que chez les patients traités par venlafaxine, le poids des facteurs de risque de suicide est supérieur à celui des patients traités par ISRS. Concernant le risque accru de décès observé, la part de responsabilité de la toxicité de la venlafaxine en cas de surdosage, par rapport à certaines caractéristiques des patients traités par venlafaxine, n'est pas clairement établie.
Prise en charge recommandée
Un empoisonnement sévère peut nécessiter une prise en charge d'urgence complexe et une surveillance appropriée. Par conséquent, en cas de suspicion de surdosage impliquant de la venlafaxine, il est recommandé de contacter rapidement un centre antipoison ou un toxicologue.
Des mesures générales de maintien des fonctions vitales et un traitement symptomatique sont recommandés ; la fréquence cardiaque et les constantes vitales doivent être contrôlées. En cas de risque d'inhalation, l'induction de vomissements n'est pas recommandée. Le lavage gastrique peut être indiqué s'il est effectué peu après l'ingestion ou chez les patients symptomatiques. L'administration de charbon activé peut également limiter l'absorption de la substance active. La diurèse forcée, la dialyse, l'hémoperfusion et l'exsanguino-transfusion sont peu susceptibles de présenter un intérêt. Il n'existe pas d'antidotes spécifiques connus de la venlafaxine.
5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES
Source : monographie du Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP), base publique des médicaments (ANSM). Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.