Duloxetine Viatris Sante 60 mg — posologie et mode d'emploi
Substance active : Chlorhydrate de duloxétine. gélule gastro-résistant(e) — voie orale.
Indications thérapeutiques
Traitement du trouble dépressif majeur.
Traitement de la douleur neuropathique diabétique périphérique.
Traitement du trouble anxiété généralisée.
DULOXETINE VIATRIS SANTE est indiqué chez l'adulte.
Pour plus d'informations, voir rubrique 5.1.
Posologie et mode d'administration
Posologie
Trouble dépressif majeur
La posologie initiale et recommandée pour le maintien de la réponse est de 60 mg une fois par jour, à prendre au cours ou en dehors des repas. Des posologies supérieures à 60 mg par jour en une prise, jusqu'à une dose maximale de 120 mg par jour, ont été évaluées, en termes de sécurité d'emploi, lors des études cliniques. Toutefois, l'intérêt d'une augmentation posologique chez les patients ne répondant pas à la dose initiale recommandée n'est pas établi.
La réponse thérapeutique apparaît généralement après 2-4 semaines de traitement.
Après obtention de l'effet thérapeutique attendu, il est recommandé de poursuivre le traitement plusieurs mois afin de prévenir les rechutes. Chez les patients répondant à la duloxétine, et présentant des antécédents d'épisodes dépressifs majeurs répétés, la poursuite à long terme du traitement peut être envisagée, à une posologie de 60 à 120 mg/jour.
Trouble anxiété généralisée
La posologie initiale recommandée chez les patients présentant un trouble anxiété généralisée est de 30 mg une fois par jour, à prendre au cours ou en dehors des repas. Chez les patients ayant une réponse insuffisante la dose devra être augmentée à 60 mg, qui est la dose d'entretien habituelle chez la plupart des patients.
Chez les patients présentant un trouble dépressif majeur associé, la posologie initiale comme d'entretien est de 60 mg une fois par jour (veuillez également lire les recommandations de posologie ci-dessus).
Des doses allant jusqu'à 120 mg par jour se sont montrées efficaces et leur sécurité d'emploi a été évaluée dans des essais cliniques. Chez les patients présentant une réponse insuffisante à la dose de 60 mg, une augmentation de doses jusqu'à 90 mg ou 120 mg peut donc être envisagée.
L'augmentation des doses doit être basée sur la réponse clinique et la tolérance.
Après consolidation de la réponse, il est recommandé de continuer le traitement pendant plusieurs mois afin d'éviter une rechute.
Douleur neuropathique diabétique périphérique
La posologie initiale et d'entretien recommandée est de 60 mg une fois par jour, à prendre au cours ou en dehors des repas. La sécurité d'utilisation de posologies supérieures à 60 mg une fois par jour, jusqu'à une dose maximale de 120 mg par jour, administrées en plusieurs prises équivalentes, a été évaluée au cours des essais cliniques. Les concentrations plasmatiques de duloxétine ont montré une grande variabilité inter-individuelle (voir rubrique 5.2). De ce fait, chez certains patients, en cas de réponse insuffisante à la dose de 60 mg, la posologie pourra être augmentée.
La réponse au traitement devra être évaluée après 2 mois. Chez les patients ayant une réponse initiale insuffisante, une réponse au traitement au-delà de cette période est peu probable.
Le bénéfice thérapeutique devra être réévalué régulièrement (au moins tous les 3 mois) (voir rubrique 5.1).
Populations particulières
Sujets âgés
Aucune adaptation posologique sur la seule base de l'âge n'est nécessaire chez le sujet âgé. Cependant, comme pour tout médicament, la prudence s'impose chez le sujet âgé, principalement avec DULOXETINE VIATRIS SANTE à la posologie de 120 mg par jour pour le trouble dépressif majeur ou le trouble anxiété généralisée, du fait de données limitées (voir rubriques 4.4 et 5.2).
Insuffisance hépatique
DULOXETINE VIATRIS SANTE ne doit pas être utilisé chez les patients présentant une pathologie hépatique entraînant une insuffisance hépatique (voir rubriques 4.3 et 5.2).
Insuffisance rénale
Aucune adaptation posologique n'est nécessaire en cas d'insuffisance rénale légère à modérée (clairance de la créatinine comprise entre 30 et 80 ml/min). DULOXETINE VIATRIS SANTE ne doit pas être utilisé chez les patients présentant une insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine < 30 ml/min ; voir rubrique 4.3).
Population pédiatrique
La duloxétine ne doit pas être utilisée chez les enfants et les adolescents âgés de moins de 18 ans dans le traitement du trouble dépressif majeur en raison de problème(s) de sécurité et d'efficacité (voir rubriques 4.4, 4.8 et 5.1).
La sécurité et l'efficacité de la duloxétine dans le traitement du trouble anxiété généralisée chez les patients pédiatriques âgés de 7 à 17 ans n'ont pas été établies. Les données actuellement disponibles sont décrites dans les rubriques 4.8, 5.1 et 5.2.
La sécurité et l'efficacité de la duloxétine dans le traitement de la douleur neuropathique diabétique périphérique n'ont pas fait l'objet d'étude. Aucune donnée n'est disponible.
Arrêt du traitement
L'arrêt brutal du traitement doit être évité. Lors de l'arrêt du traitement par DULOXETINE VIATRISSANTE, la dose doit être progressivement diminuée sur une durée d'au moins une à deux semaines, afin de limiter le risque de réactions de sevrage (voir rubriques 4.4 et 4.8). Si des symptômes non tolérables apparaissent lors de la diminution de la dose ou à l'arrêt du traitement, le retour à la dose précédemment prescrite peut être envisagé. Le médecin pourra ensuite reprendre la diminution de la dose, mais à un rythme plus progressif.
Mode d'administration
Voie orale.
Contre-indications
Hypersensibilité à la substance active ou à l'un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.
Association aux inhibiteurs de la mono-amine oxydase (IMAO) non sélectifs, irréversibles (voir rubrique 4.5).
Maladie hépatique entraînant une insuffisance hépatique (voir rubrique 5.2).
Association à la fluvoxamine, à la ciprofloxacine ou à l'énoxacine (inhibiteurs puissants du CYP1A2), associations entraînant une augmentation des concentrations plasmatiques de duloxétine (voir rubrique 4.5).
Insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine < 30 ml/min) (voir rubrique 4.4).
L'instauration du traitement par DULOXETINE VIATRISSANTE est contre-indiquée chez les patients présentant une hypertension artérielle non équilibrée qui pourrait les exposer à un risque potentiel de crise hypertensive (voir rubriques 4.4 et 4.8).
Mises en garde et précautions
Episodes maniaques et convulsions
DULOXETINE VIATRISSANTE doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant un antécédent d'épisode maniaque ou un diagnostic de trouble bipolaire et/ou des convulsions.
Mydriase
Des cas de mydriase ayant été rapportés avec la duloxétine, DULOXETINE VIATRISSANTE doit être prescrit avec prudence chez les patients présentant une pression intra-oculaire élevée ou un risque de glaucome aigu à angle fermé.
Pression artérielle et fréquence cardiaque
La duloxétine a été associée à une augmentation de la pression artérielle et à une hypertension artérielle cliniquement significative chez certains patients. Ceci peut être dû à l'effet noradrénergique de la duloxétine. Des cas de crise hypertensive ont été rapportés avec la duloxétine, en particulier chez des patients présentant une hypertension préexistante. Par conséquent, chez les patients présentant une hypertension artérielle et/ou une cardiopathie, une surveillance de la pression artérielle est recommandée, particulièrement pendant le premier mois de traitement. La duloxétine doit être utilisée avec prudence chez les patients dont l'état peut être aggravé par une augmentation de la fréquence cardiaque ou par une augmentation de la pression artérielle. La prudence est également de mise lorsque la duloxétine est associée à des médicaments pouvant perturber son métabolisme (voir rubrique 4.5). Chez les patients présentant une augmentation persistante de la pression artérielle au cours de leur traitement par la duloxétine, une diminution de la posologie ou un sevrage progressif devra être envisagé (voir rubrique 4.8). Chez les patients présentant une hypertension non équilibrée, la duloxétine ne devra pas être prescrite (voir rubrique 4.3).
Insuffisance rénale
Les concentrations plasmatiques de duloxétine augmentent chez les patients dialysés pour insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine < 30 ml/min). Pour les patients présentant une insuffisance rénale sévère, voir la rubrique 4.3. Pour les patients présentant une insuffisance rénale légère ou modérée, voir la rubrique 4.2.
Syndrome sérotoninergique/Syndrome malin des neuroleptiques
Comme avec d'autres agents sérotoninergiques, un syndrome sérotoninergique ou un syndrome malin des neuroleptiques (SMN) pouvant mettre en jeu le pronostic vital, peut se produire avec la duloxétine, en particulier lorsqu'elle est associée à d'autres agents sérotoninergiques (dont les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline, les antidépresseurs tricycliques, la buprénorphine ou les triptans), ainsi qu'avec des agents qui altèrent le métabolisme de la sérotonine comme les IMAOs, les antipsychotiques ou d'autres antagonistes dopaminergiques qui peuvent affecter les systèmes de neurotransmission sérotoninergique (voir rubriques 4.3 et 4.5).
Les symptômes d'un syndrome sérotoninergique peuvent inclure un changement de l'état mental (par exemple agitation, hallucinations, coma), des troubles du système nerveux autonome (par exemple tachycardie, pression artérielle labile, hyperthermie), des aberrations neuromusculaires (par exemple hyperréflexie, incoordination) et/ou des symptômes gastro intestinaux (par exemple nausées, vomissements, diarrhées). Le syndrome sérotoninergique dans sa forme la plus grave peut ressembler au SMN, qui comprend hyperthermie, rigidité musculaire, élévation des taux sériques de créatine kinase, instabilité neuro-végétative avec de possibles fluctuations rapides des constantes vitales et des modifications sur l’état mental.
Si un traitement associant la duloxétine à d'autres agents sérotoninergiques/neuroleptiques pouvant affecter les systèmes de neurotransmission sérotoninergique et/ou dopaminergique, est cliniquement justifié, une surveillance attentive du patient est conseillée, particulièrement lors de l'initiation du traitement et lors de l'augmentation des doses.
Millepertuis
Lors de la prise concomitante de DULOXETINE VIATRIS SANTE avec des préparations à base de plantes contenant du millepertuis ( _Hypericum perforatum_), les effets indésirables peuvent être plus fréquents.
Suicide
_Trouble dépressif majeur et trouble anxiété généralisée_
La dépression est associée à un risque accru d'idées suicidaires, d'auto‑agression et de suicide (événements de type suicidaire). Ce risque persiste jusqu'à obtention d'une rémission significative. L'amélioration clinique pouvant ne pas survenir avant plusieurs semaines de traitement, les patients devront être surveillés étroitement jusqu'à obtention de cette amélioration. L'expérience Clinique montre que le risque suicidaire peut augmenter en tout début de rétablissement.
Les autres troubles psychiatriques dans lesquels DULOXETINE VIATRISSANTE est prescrit peuvent également être associés à un risque accru d'événements de type suicidaire. De plus, ces troubles peuvent être associés à un trouble dépressif majeur. Les mêmes précautions d'emploi que celles mentionnées pour les patients souffrant de trouble dépressif majeur devront être appliquées aux patients présentant d'autres troubles psychiatriques.
Les patients ayant des antécédents d'évènements de type suicidaire ou ceux exprimant des idées suicidaires significatives avant de débuter le traitement présentent un risque plus élevé d'idées suicidaires ou de comportements suicidaires, et doivent faire l'objet d'un suivi étroit pendant le traitement. Une méta-analyse d'essais cliniques contrôlés _versus_ placebo sur l'utilisation des antidépresseurs dans des troubles psychiatriques a montré une augmentation du risque de comportement de type suicidaire chez les patients de moins de 25 ans traités par antidépresseur par rapport à ceux recevant un placebo.
Des cas d'idées et de comportements suicidaires ont été rapportés durant le traitement par duloxétine ou peu après son arrêt (voir rubrique 4.8).
Une surveillance étroite des patients et en particulier ceux à haut
Interactions médicamenteuses
_Inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) :_ en raison du risque de syndrome sérotoninergique, la duloxétine ne doit pas être associée avec des inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) non sélectifs irréversibles, ni prescrite dans les 14 jours suivant l'arrêt d'un traitement par IMAO. Compte tenu de la demi-vie de la duloxétine, un délai d'au moins 5 jours doit être respecté après l'arrêt du traitement par DULOXETINE VIATRISSANTE avant d'initier un traitement par IMAO (voir rubrique 4.3).
L'association de DULOXETINE VIATRIS SANTE avec les IMAO sélectifs réversibles, comme le moclobémide n'est pas recommandée (voir rubrique 4.4). L'antibiotique linézolide est un IMAO réversible non sélectif et ne doit pas être administré aux patients traités par DULOXETINE VIATRIS SANTE (voir rubrique 4.4).
_Inhibiteurs du CYP1A2 :_ le CYP1A2 étant impliqué dans le métabolisme de la duloxétine, l'utilisation concomitante de duloxétine avec des inhibiteurs puissants du CYP1A2 peut entraîner une augmentation des concentrations de la duloxétine.
La fluvoxamine (100 mg une fois par jour), puissant inhibiteur du CYP1A2, a diminué d'environ 77 % la clairance plasmatique apparente de la duloxétine et a multiplié par 6 l'Aire Sous la Courbe (ASC0-t). En conséquence, DULOXETINE VIATRIS SANTE ne doit pas être administré en association avec des inhibiteurs puissants du CYP1A2 comme la fluvoxamine (voir rubrique 4.3).
_Médicaments du SNC :_ le risque lié à l'association de la duloxétine avec d'autres médicaments agissant sur le SNC n'a pas été systématiquement évalué, en dehors des cas décrits dans cette rubrique. En conséquence, la prudence s'impose en cas d'association de DULOXETINE VIATRIS SANTE avec d'autres médicaments ou substances agissant sur le SNC, dont l'alcool et les sédatifs (par exemple benzodiazépines, morphino-mimétiques, antipsychotiques, phénobarbital, antihistaminiques sédatifs).
_Agents sérotoninergiques :_ de rares cas de syndrome sérotoninergique ont été décrits chez des patients traités par des ISRS/IRSNA en association avec des agents sérotoninergiques. La prudence s'impose si DULOXETINE VIATRIS SANTE est administré en même temps que des agents sérotoninergiques comme les ISRS, les IRSNA, les antidépresseurs tricycliques tels que la clomipramine ou l'amitriptyline, les IMAOs tels que le moclobémide ou le linézolide,les triptans, la buprénorphine, le tramadol ou la péthidine, le millepertuis ( _Hypericum perforatum_) et le tryptophane (voir rubrique 4.4).
Effets de la duloxétine sur les autres médicaments
_Médicaments métabolisés par le CYP1A2 :_ la pharmacocinétique de la théophylline, un substrat du CYP1A2, n'a pas été significativement modifiée lors de la co-administration de duloxétine (60 mg deux fois par jour).
_Médicaments métabolisés par le CYP2D6 :_ la duloxétine est un inhibiteur modéré du CYP2D6. Lors de la co-administration de la duloxétine, à la dose de 60 mg deux fois par jour avec une dose unique de désipramine, un substrat du CYP2D6, l'aire sous la courbe (ASC) de la désipramine a été multipliée par 3. La co-administration de duloxétine (40 mg deux fois par jour) et de toltérodine augmente de 71 % l'Aire Sous la Courbe (ASC), à l'équilibre, de la toltérodine (2 mg deux fois par jour) mais ne modifie pas la pharmacocinétique de son métabolite actif 5-hydroxy. Une adaptation de la posologie n'est donc pas justifiée. La prudence s'impose si DULOXETINE VIATRISSANTE est co‑administré avec des médicaments principalement métabolisés par le CYP2D6 (rispéridone, antidépresseurs tricycliques tels que la nortriptyline, l'amitryptyline et l'imipramine), en particulier, s'ils présentent un index thérapeutique étroit (comme la flécaïne, la propafénone et le métoprolol).
_Contraceptifs oraux et autres agents stéroïdiens :_ les résultats des études _in vitro_ montrent que la duloxétine n'est pas un inducteur du CYP3A. Aucune étude spécifique d'interactions médicamenteuses n'a été conduite _in vivo_.
_Anticoagulants et anti-agrégants plaquettaires :_ la prudence est de mise lors de l'association de la duloxétine avec des anticoagulants oraux ou des antiagrégants plaquettaires en raison de l'augmentation potentielle du risque hémorragique liée à une interaction pharmacodynamique.
De plus, des augmentations de l'INR ont été rapportées chez des patients traités par warfarine lors de la co-administration de duloxétine. Cependant, dans une étude de pharmacologie clinique chez des volontaires sains, l'administration concomitante de duloxétine et de warfarine n'a pas entraîné, à l'état d'équilibre, de modification cliniquement significative de l'INR par rapport aux valeurs initiales, ni des paramètres pharmacocinétiques de la warfarine-R ou -S.
Effets des autres médicaments sur la duloxétine
_Anti-acides et anti-H2 :_ la co-administration de la duloxétine avec des antiacides à base de sels d'aluminium et de magnésium, ou avec la famotidine, n'a pas eu d'effet significatif sur le taux ou le délai d'absorption de la duloxétine après administration orale d'une dose de 40 mg.
_Inducteurs du CYP1A2 :_ les analyses pharmacocinétiques de population ont montré que les concentrations plasmatiques de la duloxétine étaient réduites environ de moitié chez les fumeurs comparativement à celles des non-fumeurs.
Grossesse et allaitement
Fertilité
Dans les études effectuées chez l’animal, la duloxétine n'a pas d'effet sur la fertilité masculine et ses effets chez la femme sont apparus uniquement à des doses ayant entraîné une toxicité maternelle.
Grossesse
Les études chez l'animal ont montré une toxicité sur la reproduction pour des taux d'exposition systémiques (Aires Sous la Courbe) de duloxétine inférieurs à l'exposition maximale en clinique (voir rubrique 5.3).
Deux larges études observationnelles ne suggèrent pas d’augmentation globale du risque de malformation congénitale majeure (l’une conduite aux Etats-Unis incluant 2 500 femmes exposées à la duloxétine au cours du premier trimestre de grossesse et l’autre dans l’Union Européenne incluant 1 500 femmes exposées à la duloxétine au cours du premier trimestre de grossesse). L’analyse portant sur des malformations spécifiques telles que des malformations cardiaques ne montre pas de résultats concluants.
Dans l’étude européenne, l’exposition maternelle à la duloxétine en fin de grossesse (à tout moment entre la 20ème semaine de grossesse et l’accouchement) a été associée à un risque accru d’accouchement prématuré (moins de 2 fois, correspondant à environ 6 naissances prématurées supplémentaires pour 100 femmes traitées par duloxétine en fin de grossesse). Les accouchements prématurés sont survenus en majorité entre la 35ème et la 36ème semaine de grossesse. Cette association n’a pas été observée dans l’étude américaine.
Les données issues de l’étude observationnelle américaine ont mis en évidence une augmentation (moins de 2 fois) du risque d’hémorragie en post-partum faisant suite à une exposition à la duloxétine dans le mois précédant la naissance.
Des données épidémiologiques ont suggéré que l'utilisation des ISRS au cours de la grossesse, en particulier en fin de grossesse, pouvait augmenter le risque d'hypertension pulmonaire persistante chez le nouveau-né (HPPN). Bien qu'aucune étude n'ait exploré l'association entre HPPN et un traitement par IRSNA, ce risque potentiel ne peut être exclu avec la duloxétine, étant donné le mécanisme d'action associé (inhibition de la recapture de la sérotonine).
Comme pour d'autres médicaments sérotoninergiques, des symptômes de sevrage peuvent survenir chez le nouveau-né dont la mère a été traitée par la duloxétine en fin de grossesse. Les symptômes de sevrage observés avec la duloxétine peuvent inclure hypotonie, tremblements, nervosité, difficulté à s'alimenter, détresse respiratoire et convulsions. La majorité des cas sont survenus soit à la naissance soit dans les jours suivant la naissance.
DULOXETINE VIATRIS SANTE ne doit être administré pendant la grossesse que si les bénéfices potentiels justifient les risques fœtaux potentiels. Les patientes doivent être averties de la nécessité d'informer leur médecin en cas de grossesse ou de désir de grossesse au cours du traitement.
Allaitement
Une étude menée chez 6 patientes en période de lactation (et qui n'allaitaient pas leurs enfants), a montré que la duloxétine était très faiblement excrétée dans le lait humain. La dose quotidienne estimée pour un nouveau-né, exprimée en mg/kg est approximativement égale à 0,14 % de la dose maternelle (voir rubrique 5.2). Comme la tolérance de la duloxétine n'est pas connue chez le nouveau-né, l'administration de DULOXETINE VIATRISSANTE est déconseillée pendant l'allaitement.
Effets indésirables
a. Résumé du profil de sécurité
Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés chez les patients traités par duloxétine ont été : nausées, céphalées, sécheresse de la bouche, somnolence et sensations vertigineuses. Toutefois, la majorité des effets indésirables fréquents étaient d'intensité légère à modérée, débutant généralement en début de traitement et tendant à s'estomper malgré la poursuite du traitement.
b. Tableau récapitulatif des effets indésirables
Le tableau 1 présente les effets indésirables observés à partir de la notification spontanée et lors des études cliniques contrôlées _versus_ placebo.
Tableau 1 : Effets indésirables
Estimation de fréquence : très fréquent (≥ 1/10), fréquent (≥ 1/100, < 1/10), peu fréquent (≥ 1/1 000, < 1/100), rare (≥ 1/10 000, < 1/1 000), très rare (< 1/10 000).
Au sein de chaque catégorie de fréquence, les effets indésirables sont présentés par ordre de gravité décroissante.
| | | | | | |
| --- | --- | --- | --- | --- | --- |
| **Très fréquent** | **Fréquent** | **Peu fréquent** | **Rare** | **Très rare** | **Fréquence indéterminée** |
| **Infections et infestations** | |
| | | Laryngite | | | |
| **Affections du système immunitaire** | |
| | | | Réaction anaphylactique<br>Manifestations d’hypersensibilité | | |
| **Affections endocriniennes** | |
| | | | Hypothyroïdie | | |
| **Troubles du métabolisme et de la nutrition** | |
| | Baisse de l’appétit | Hyperglycémie (rapportée particulièrement chez les patients diabétiques) | Déshydratation<br>Hyponatrémie<br>SIADH6 | | |
| **Affections psychiatriques** | |
| | Insomnie<br>Agitation<br>Baisse de la libido<br>Anxiété<br>Orgasmes anormaux<br>Rêves anormaux | Idées suicidaires5,7<br>Troubles du sommeil<br>Bruxisme<br>Désorientation<br>Apathie | Comportements suicidaires5,7 <br>Manie<br>Hallucinations<br>Agressivité et colère4 | | |
| **Affections du système nerveux** | |
| Céphalées<br>Somnolence | Sensations vertigineuses<br>Léthargie<br>Tremblements<br>Paresthésies | Myoclonies<br>Akathisie7 <br>Nervosité<br>Trouble de l’attention<br>Dysgueusie<br>Dyskinésie<br>Syndrome des jambes sans repos<br>Sommeil de mauvaise qualité | Syndrome sérotoninergique6<br>Convulsions1<br>Agitation psychomotrice6<br>Symptômes extrapyramidaux6 | | |
| **Affections oculaires** | |
| | Vision floue | Mydriase<br>Troubles visuels | Glaucome | | |
| **Affections de l’oreille et du labyrinthe** | |
| | Acouphènes1 | Vertiges<br>Otalgies | | | |
| **Affections cardiaques** | |
| | Palpitations | Tachycardie<br>Arythmie supraventriculaire, principalement à type de fibrillation auriculaire | | | Cardiomyopathie de stress (syndrome de Takotsubo) |
| **Affections vasculaires** | |
| | Augmentation de la pression artérielle3<br>Bouffées de chaleur | Syncope2<br>Hypertension3,7<br>Hypotension orthostatique2<br>Froideur des extrémités | Crise hypertensive3,6 | | |
| **Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales** | |
| | Bâillements | Gêne pharyngée<br>Epistaxis | Maladie pulmonaire interstitielle10<br>Pneumopathie à éosinophiles6 | | |
| **Affections gastro-intestinales** | |
| Nausées<br>Sécheresse de la bouche | Constipation<br>Diarrhée<br>Douleur abdominale<br>Vomissements<br>Dyspepsie<br>Flatulence | Hémorragie gastro-intestinale7<br>Gastro-entérite<br>Eructation<br>Gastrite<br>Dysphagie | Stomatite<br>Emission de sang dans les selles<br>Halitose<br>Colite microscopique9 | | |
| **Affections hépatobiliaires** | |
| | | Hépatite3 <br>Augmentation des enzymes hépatiques (ALAT, ASAT, phosphatases alcalines)<br>Atteinte hépatique aiguë | Insuffisance hépatique6<br>Ictère6 | | |
| **Affections de la peau et du tissu sous-cutané** | |
| | Hypersudation<br>Eruption cutanée | Sueurs nocturnes<br>Urticaire<br>Dermatite de contact<br>Sueurs froides<br>Réactions de photosensibilité<br>Augmentation de la tendance aux ecchymoses | Syndrome de Stevens-Johnson6<br>Œdème de Quincke6 | Vascularite cutanée | |
| **Affections musculo-squelettiques et systémiques** | |
| | Douleurs musculo‑squelettiques<br>Spasmes musculaires | Tension musculaire<br>Contractions musculaires | Trismus | | |
| **Affections du rein et des voies urinaires** | |
| | Dysurie<br>Pollakiurie | Rétention urinaire<br>Retard mictionnel<br>Nocturie<br>Polyurie<br>Baisse du débit urinaire | Odeur anormale de l’urine | | |
| **Affections des organes de reproduction et du sein** | |
| | Dysfonction érectile<br>Trouble de l’éjaculation<br>Ejaculation retardée | Hémorragie gynécologique<br>Troubles menstruels<br>Dysfonctionnement sexuel<br>Douleur testiculaire | Symptômes ménopausiques<br>Galactorrhée<br>Hyperprolactinémie<br>Hémorragie du post‑partum6 | | |
| **Troubles généraux et anomalies au site d'administration** | |
| | Chutes8<br>Fatigue | Douleur thoracique7<br>Sensations anormales<br>Sensation de froid<br>Soif<br>Frissons<br>Malaise<br>Sensation de chaud<br>Trouble de la marche | | | |
| **Investigations** | |
| | Perte de poids | Prise de poids<br>Augmentation de la créatinine phosphokinase sérique (CPK)<br>Hyperkaliémie | Hypercholestérolémie | | |
1 Des cas de convulsions et d'acouphènes ont également été rapportés après arrêt du traitement.
2 Des cas d'hypotension orthostatique et de syncope ont été rapportés particulièrement en début de traitement.
3 Voir rubrique 4.4.
4 Des cas d'agressivité et de colère ont été rapportés en particulier en début de traitement ou après son arrêt.
5 Des cas d'idées suicidaires et de comportements suicidaires ont été rapportés durant le traitement par la duloxétine ou juste après son arrêt (voir rubrique 4.4).
6 Fréquence estimée sur la base des effets indésirables rapportés lors de la surveillance après commercialisation ; non observés dans les essais cliniques contrôlés _versus_ placebo.
7 Pas de différence statistiquement significative par rapport au placebo.
8 Les chutes étaient plus fréquentes chez les sujets âgés (≥ 65 ans).
9 Fréquence estimée sur la base des données de tous les essais cliniques.
10 Fréquenc
Conduite à tenir en cas de surdosage
Des cas de surdosage de duloxétine, seule ou en association avec d'autres médicaments, à la dose de 5 400 mg ont été rapportés. Des cas de décès sont survenus, principalement lors de surdosages poly médicamenteux, mais également avec la duloxétine seule à une dose d'environ 1 000 mg.
Les signes et symptômes d'un surdosage (duloxétine seule ou en association avec d'autres médicaments) incluaient somnolence, coma, syndrome sérotoninergique, convulsions, vomissements et tachycardie.
On ne connaît pas d'antidote spécifique à la duloxétine, mais en cas d'apparition d'un syndrome sérotoninergique, un traitement spécifique peut être envisagé (comme la cyproheptadine et/ou le contrôle de la température). La libération des voies aériennes supérieures devra être assurée. Une surveillance cardiovasculaire et des constantes vitales est recommandée en complément d'un traitement symptomatique approprié. Un lavage gastrique peut être indiqué s'il est effectué peu de temps après l'ingestion, ou chez les patients symptomatiques. Le charbon activé peut être utile pour limiter l'absorption. La duloxétine ayant un grand volume de distribution, il est peu probable que la diurèse forcée, l'hémodialyse et l'exsanguino-transfusion puissent être bénéfiques.
5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES
Source : monographie du Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP), base publique des médicaments (ANSM). Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.