Classe pharmacothérapeutique : antiprotozoaires, dérivés du nitro-imidazole, code ATC : P01AB01
Le métronidazole est un dérivé du nitro-imidazole disposant d’une activité antiprotozoaire et antimicrobienne conférée par l’ajout d’un groupement nitré en position 5.
Mécanisme d’action
Le métronidazole en lui-même est inefficace. Il s’agit d’une molécule stable capable de pénétrer dans des micro-organismes.
Dans des conditions anaérobies, des radicaux nitroso agissant sur l’ADN sont formés à partir du métronidazole par la pyruvate-ferrédoxine oxydoréductase microbienne, avec oxydation de la ferrédoxine et de la flavodoxine. Les radicaux nitroso forment des adduits avec les paires de base de l’ADN, menant ainsi à la cassure de la molécule d’ADN et à la mort cellulaire.
Relation PK/PD
L’action du métronidazole dépend de la concentration. L’efficacité du métronidazole dépend principalement du quotient de la concentration sérique maximale (Cmax) et de la concentration minimale inhibitrice (CMI) pour le micro-organisme concerné.
Concentrations critiques
Pour les tests du métronidazole, les séries de dilution habituelles sont utilisées. Les concentrations minimales inhibitrices suivantes ont été établies pour distinguer les micro-organismes sensibles des micro-organismes résistants.
Les concentrations critiques de l’EUCAST (European Committee on Antimicrobial Susceptibility Testing, version 8.1, mai 2018) séparant les organismes sensibles (S) des organismes résistants (R) sont les suivantes :
| Organisme | Sensible | Résistant |
|---|
| Clostridium difficile 1 | ≤ 2 mg/L | > 2 mg/L |
| Autres organismes anaérobies Gram positif | ≤ 4 mg | > 4 mg/L |
| Organismes anaérobies Gram négatif | ≤ 4 mg | > 4 mg/L |
| Helicobacter pylori 1 | ≤ 8 mg | > 8 mg/L |
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1 Les concentrations critiques sont basées sur les seuils épidémiologiques (ECOFF), qui distinguent les isolats de type sauvage des isolats à sensibilité réduite.
Liste des organismes sensibles et des organismes résistants.
| | Espèces généralement sensibles |
| --- | --- | --- |
| | Anaérobies |
| | Clostridium difficile ° |
| | Clostridium perfringens °∆ |
| | Fusobacterium spp.° |
| | Peptoniphilus spp.° |
| | Peptostreptococcus spp.° |
| | Porphyromonas spp.° |
| | Prevotella spp. |
| | Veillonella spp.° |
| | Bacteroides fragilis |
| | Autres micro-organismes |
| | Entamoeba histolytica ° |
| | Gardnerella vaginalis ° |
| | Giardia lamblia° |
| | Trichomonas vaginalis ° |
| Espèces pour lesquelles une résistance acquise peut représenter un problème | |
| Organismes aérobies Gram négatif | |
| Helicobacter pylori | |
| Organismes fondamentalement résistants | |
| Tous les organismes aérobies stricts | |
| Micro-organismes Gram positif | |
| Enterococcus spp. | |
| Staphylococcus spp. | |
| Streptococcus spp. | |
| Micro-organismes Gram négatif | |
| Enterobacteriaceae | |
| Haemophilus spp. | |
| | | |
° Au moment de la publication de ces tableaux, aucune donnée actualisée n’était disponible. Dans la littérature spécialisée, les livres de référence classiques et les recommandations thérapeutiques, la sensibilité des souches respectives est admise.
Δ À utiliser uniquement chez les patients présentant une allergie à la pénicilline.
Mécanismes de résistance au métronidazole
Les mécanismes de résistance au métronidazole ne sont encore que partiellement compris. Les souches de Bacteroides résistantes au métronidazole possèdent des gènes codant des nitro-imidazoles réductases, qui convertissent les nitro-imidazoles en amino-imidazoles. Par conséquent, la formation des radicaux nitroso possédant un effet antibactérien efficace est inhibée.
Il existe une résistance croisée totale entre le métronidazole et les autres dérivés du nitro-imidazole (tinidazole, ornidazole, nimorazole). La prévalence de la résistance acquise de chaque espèce peut varier en fonction de la région géographique et du temps. Des informations locales spécifiques concernant la résistance doivent donc être disponibles, en particulier pour définir le traitement adéquat des infections sévères. En cas de doute sur l’efficacité du métronidazole en raison d’une résistance locale, les conseils d’un expert doivent être sollicités. Un diagnostic microbiologique comprenant la détermination des espèces de micro-organismes et leur sensibilité au métronidazole est nécessaire, en particulier en cas d’infections sévères ou d’échec du traitement.
Pour le traitement des bactéries anaérobies des genres Bacteroides, Fusobacterium, Clostridium et Eubacterium, des cocci anaérobies, de Gardnerella vaginalis et des protozoaires Trichomonas, Entamoeba histolytica, Giardia lamblia et Balantidium.