Biodisponibilité
La biodisponibilité absolue déterminée sur la base de l’activité anti‑Xa après administration sous‑cutanée est d’environ 90 % et l’activité maximale est atteinte après 4 à 6 heures. La demi‑vie d’élimination terminale est d’environ 3,7 heures.
Métabolisme et élimination
La tinzaparine sodique subit une métabolisation mineure dans le foie par dépolymérisation et est excrétée par les reins sous forme inchangée ou quasi‑inchangée.
Populations particulières de patients
Femmes enceintes
Les paramètres pharmacocinétiques de la tinzaparine ont été étudiés chez les femmes enceintes. Les données du suivi pharmacocinétique séquentiel de 55 femmes enceintes indiquent que les paramètres pharmacocinétiques ne diffèrent pas de ceux observés chez les femmes non enceintes.
Insuffisance rénale
Le poids moléculaire moyen de la tinzaparine est élevé et il existe des données précliniques et cliniques montrant une élimination non rénale non négligeable de la tinzaparine.
La demi‑vie observée après administration d’un bolus en injection intraveineuse chez des patients dialysés est plus courte que celle observée après administration sous‑cutanée chez des volontaires sains (environ 2,5 heures contre environ 3,7 heures).
Une étude pharmacocinétique contrôlée, randomisée en ouvert visait à déterminer si une accumulation se produisait après administrations répétées de doses prophylactiques quotidiennes de tinzaparine (4 500 UI) ou d’énoxaparine (4 000 UI) pendant 8 jours chez des patients âgés (> 75 ans) présentant une insuffisance rénale (clairance de la créatinine : 20 à 50 ml/min) et un poids < 65 kg. Cinquante‑cinq (55) patients ont été inclus dans l’analyse. L’activité anti‑Xa moyenne a augmenté significativement dans le groupe énoxaparine (de 0,55 au jour 1 à 0,67 au jour 8 ; p < 0,001), mais non dans le groupe tinzaparine (de 0,44 au jour 1 à 0,46 au jour 8, p = 0,296). Aucun événement thromboembolique veineux (TEV) n’est survenu. Cinq cas d’hémorragies, dont deux cas d’hémorragie majeure, se sont produits dans le groupe tinzaparine et quatre, dont un cas d’hémorragie majeure, dans le groupe énoxaparine.
La bioaccumulation de la tinzaparine a été évaluée dans une étude observationnelle prospective après administration de doses multiples. L’étude a inclus 28 patients hospitalisés qui recevaient la tinzaparine pour le traitement prophylactique des thromboses en dehors d’un contexte chirurgical et présentaient un débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) ≤ 30 ml/min/1,73 m² (DFGe moyen de 20 ml/min/1,73 m² à l’inclusion). Les patients recevaient une dose de 3 500 UI une fois par jour, qui était réduite à 2 500 UI une fois par jour si leur poids était < 40 kg ou augmentée à 4 500 UI une fois par jour si leur indice de masse corporel (IMC) était ≥ 30 kg/m². La concentration maximale médiane de l’anti‑Xa (intervalle) mesurée 4 heures après l’injection le jour 2, était de 0,07 (0– 0,24) UI/ml, elle était de 0,11 (0,07– 0,25) UI/ml le jour 5 et de 0,09 (0,07– 0,31) UI/ml le jour 8. Il n’y a pas eu d’augmentation statistiquement significative au cours du temps de la concentration maximale de l’anti‑Xa entre les jours 2 et 5. L’intervalle de variation des concentrations maximales de l’anti‑Xa était comparable à celui publié antérieurement pour des patients en chirurgie, ayant une fonction rénale normale et recevant 3 500 UI de tinzaparine. Toutes les concentrations maximales de l’anti‑Xa sont restées inférieures à 0,4 UI/ml et les concentrations résiduelles de l’anti‑Xa n’étaient pas détectables, ce qui indique l’absence de bioaccumulation. Aucun patient n’a présenté de complications thromboemboliques ou d’événements hémorragiques majeurs.
Population pédiatrique
Des données préliminaires sur l'utilisation de tinzaparine suggèrent que les jeunes enfants incluant les nouveau-nés et les nourrissons, éliminent la tinzaparine plus rapidement et pourraient donc avoir besoin de doses plus élevées que les enfants plus âgés. Cependant, ces données ne sont pas suffisantes pour permettre une recommandation posologique, voir rubrique 4.2