Classe pharmacothérapeutique : médicaments pour le traitement des pathologies osseuses, bisphosphonates, code ATC : M05BA08
Mécanisme d’action
L'acide zolédronique appartient à la classe des bisphosphonates azotés ; il agit principalement sur l'os. C'est un inhibiteur de la résorption osseuse médiée par les ostéoclastes.
Effets pharmacodynamiques
L'action sélective des bisphosphonates sur l'os est basée sur leur forte affinité pour l'os minéralisé.
La principale cible moléculaire de l'acide zolédronique dans l'ostéoclaste est l'enzyme farnésyl- pyrophosphate synthétase. La longue durée d’action de l’acide zolédronique s’explique par son affinité élevée de liaison pour le site actif de la farnésyl pyrophosphate (FPP) synthétase et sa forte affinité de liaison pour l’os minéral.
Le traitement par l’acide zolédronique réduit rapidement la vitesse de renouvellement osseux, à partir de taux post-ménopausiques élevés. Les valeurs minimales s’observent après 7 jours pour les marqueurs de résorption, et après 12 semaines pour les marqueurs de formation. Ensuite, les marqueurs osseux se stabilisent dans la gamme des valeurs pré-ménopausiques. Aucune réduction progressive des marqueurs de remodelage osseux n’a été observée en cas d’administration annuelle répétée.
Efficacité clinique dans le traitement de l’ostéoporose post-ménopausique (PFT)
L’efficacité et la sécurité d’emploi de l’acide zolédronique 5 mg une fois par an pendant 3 années consécutives ont été démontrées chez des femmes ménopausées (7 736 femmes âgées de 65 à 89 ans) ayant : soit une densité minérale osseuse (DMO) équivalente à un T-score du col du fémur ≤ -1,5 et au moins deux fractures vertébrales légères ou une modérée prévalentes ; soit un T-score du col du fémur ≤ -2,5, avec ou sans fracture vertébrale prévalente. 85 % des patients n’avaient jamais reçu de bisphosphonates. Les femmes qui ont fait l’objet d’une évaluation pour l’incidence des fractures vertébrales n’ont reçu aucun traitement anti-ostéoporotique concomitant, alors que ces traitements étaient autorisés chez les femmes ayant participé aux évaluations des fractures de hanche et de toutes les fractures cliniques. Les traitements anti-ostéoporotiques concomitants incluaient : calcitonines, raloxifène, tamoxifène, traitement hormonal de substitution, tibolone ; mais excluaient les autres bisphosphonates. Toutes les femmes ont reçu 1 000 à 1 500 mg de calcium élément et 400 à 1 200 UI de vitamine D quotidiennement.
Effets sur les fractures vertébrales morphométriques
L’acide zolédronique a réduit significativement l’incidence d’une nouvelle fracture vertébrale ou plus, sur une période de trois ans, et ceci dès la première année (voir Tableau 2).
Tableau 2 Efficacité sur les fractures vertébrales à 12, 24 et 36 mois
| Résultat | Acide zolédronique 5 mg/100 ml solution pour perfusion (%) | Placebo (%) | Réduction absolue de l’incidence des fractures en % (IC) | Réduction relative de l’incidence des fractures en % (IC) | |
|---|
| Au moins une nouvelle fracture vertébrale (0-1an) | 1,5 | 3,7 | 2,2 (1,4 - 3,1) | 60 (43 - 72)** | |
| Au moins une nouvelle fracture vertébrale (0-2 ans) | 2,2 | 7,7 | 5,5 (4,4 - 6,6) | 71 (62 - 78)** | |
| Au moins une nouvelle fracture vertébrale (0-3 ans) | 3,3 | 10,9 | 7,6 (6,3 - 9,0) | 70 (62 - 76)** | |
| \\ p < 0,0001 | | | | | |
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Chez les patientes âgées de 75 ans et plus traitées par l’acide zolédronique, une réduction de 60 % du risque de fracture vertébrale a été observée en comparaison aux patientes sous placebo (p < 0,0001).
Effets sur les fractures de hanche
Une réduction significative de 41 % du risque de fractures de hanche a été observée sous l’acide zolédronique sur une période de 3 ans (IC à 95 %, 17 % à 58 %). Le taux d’incidence des fractures de hanche était de 1,44 % chez les patients traités par l’acide zolédronique par rapport à 2,49 % chez les patientes traitées par placebo. La réduction du risque a été de 51 % chez les patientes n’ayant jamais pris de bisphosphonates et de 42 % chez les patientes qui avaient pris un traitement anti-ostéoporotique concomitant.
Effets sur toutes les fractures cliniques
Toutes les fractures cliniques ont été vérifiées par radiographie. Le Tableau 3 présente une synthèse des résultats.
Tableau 3 Comparaisons des traitements concernant l’incidence des fractures cliniques sur une période de 3 ans
| Résultat | Acide zolédronique (N=3 875) incidence (%) | Placebo (N=3 861) incidence (%) | Réduction absolue sur l’incidence des fractures en % (IC) | Réduction relative sur l’incidence des fractures en % (IC) |
|---|
| Toute fracture clinique (1) | 8,4 | 12,8 | 4,4 (3,0 ; 5,8) | 33 (23 ; 42)** |
| Fracture vertébrale clinique (2) | 0,5 | 2,6 | 2,1 (1,5 ; 2,7) | 77 (63 ; 86)** |
| Fracture non vertébrale (1) | 8,0 | 10,7 | 2,7 (1,4 ; 4,0) | 25 (13 ; 36)* |
| *p-value < 0,001, **p-value < 0,0001 (1) A l’exclusion des fractures des doigts, des orteils et des os de la face (2) Y compris fractures cliniques dorsales et fractures cliniques vertébrales lombaires | | | | |
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Effet sur la densité minérale osseuse (DMO)
Par rapport au placebo, l’acide zolédronique a augmenté significativement la DMO au rachis lombaire, à la hanche et au radius distal, à chaque mesure (6, 12, 24 et 36 mois). Sur une période de 3 ans l’augmentation de la DMO du groupe de l’acide zolédronique par rapport au groupe placebo a été de 6,7 % au rachis lombaire, de 6,0 % au fémur total, de 5,1 % au col fémoral et de 3,2 % au radius distal.
Histologie osseuse
Un an après l’administration de la troisième dose annuelle, des biopsies osseuses ont été effectuées au niveau de la crête iliaque chez 152 patientes atteintes d’ostéoporose post ménopausique traitées par l’acide zolédronique (N=82) ou par placebo (N=70). L’analyse histomorphométrique a révélé une réduction de 63 % du remodelage osseux. Chez les patientes traitées par l’aci